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L'inflation dans la zone euro va "selon toute probabilité" ralentir dès 2022 mais la Banque centrale européenne (BCE) est prête à réagir si ce n'est pas le cas, a déclaré lundi Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institution.

La hausse des prix dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique s'est accélérée plus qu'attendu ces derniers mois mais la BCE continue de considérer cette évolution comme un phénomène temporaire lié à la hausse des prix du pétrole et d'autres matières premières ainsi qu'à des pénuries de certains composants industriels, comme les semi-conducteurs.

Isabel Schnabel, qui s'exprimait devant des chefs d'entreprise allemands, s'est efforcée d'apaiser les craintes d'une période d'inflation durablement élevée comparable à celle des années 1970, durant laquelle la hausse des prix avait approché 8% en Allemagne.

"Aujourd'hui, dans le contexte de la hausse des taux d'inflation, particulièrement en Allemagne, il m'importe d'apaiser les inquiétudes sur la possibilité que l'inflation reste durablement trop élevée ou même dérape de manière incontrôlable", a-t-elle dit.

"Selon toute probabilité, l'inflation va nettement diminuer dès l'année prochaine."

Les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 3% sur un an le mois dernier selon la première estimation d'Eurostat, alors que la BCE vise à moyen terme un taux de 2%.

Mais la banque centrale s'attend à ce que l'inflation revienne à 1,7% en 2022 et 1,5% en 2023.

Pour Isabel Schnabel, la BCE n'est pas pressée de resserrer sa politique monétaire mais cela pourrait changer si l'inflation atteint son objectif plus rapidement que prévu.

"Nous ne commencerons le processus de normalisation que lorsque nous serons confiants dans la réalisation fiable de notre objectif d'inflation", a-t-elle dit.

"Mais si l'inflation devait durablement atteindre notre objectif de 2% plus tôt qu'attendu, nous agirions de manière à la fois rapide et résolue."

Elle a évoqué trois raisons pour lesquelles ce scénario pourrait se produire: des perturbations prolongées des chaînes d'approvisionnement, des évolutions structurelles comme la transition climatique et un optimisme accru des consommateurs.

"Si nous parvenons à briser le cercle vicieux de la faiblesse de la marge d'augmentation des prix, de la lenteur de la croissance et du recul des anticipations d'inflation, alors nous serons en mesure d'échapper aux taux d'intérêt négatifs", a poursuivi Isabel Schnabel.

"Il y a de plus en plus de signes qui suggèrent que la combinaison des politiques budgétaire et monétaire peut le permettre."

(Reportage Francesco Canepa, version française Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)

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