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Plusieurs parlementaires russes ont commenté les propos du président du parlement estonien Henn Polluaas, qui insiste pour que la frontière avec la Russie soit délimitée par le traité de Tartu de 1920, malgré l’existence d’un accord bilatéral de 2014 sur la frontière commune.

Les récents propos du président du parlement estonien Henn Polluaas, qui préfère le traité caduc de Tartu de 1920 à l’accord de 2014 sur la frontière russo-estonienne, compliquent les relations entre les deux pays et risquent de provoquer une confrontation globale, ont déclaré ce dimanche 3 janvier plusieurs parlementaires russes.

«De telles déclarations entravent de plus en plus les perspectives de ratification de l'accord sur la frontière russo-estonien de 2014 et créent des tensions supplémentaires dans la coopération bilatérale et interparlementaire», a notamment indiqué Leonid Sloutski, chef de la commission de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour les affaires étrangères.

Une autre parlementaire, Elena Panina, a qualifié les propos de M.Polluaas de déplacés avant de mettre en garde contre une aggravation de la situation internationale.

«Des forces influentes occidentales, qui considèrent les États baltes comme un instrument de pression sur la Russie, pourraient en profiter. Les pays baltes, et notamment l’Estonie, peuvent alors se retrouver au milieu d’une confrontation globale», a noté Mme Panina.

Le premier chef adjoint de la commission du Conseil de la Fédération (chambre haute) pour les affaires étrangères, Vladimir Djabarov, a pour sa part qualifié les revendications territoriales de Tallinn d’objectif impossible, puisque «personne n’en discutera avec» l’Estonie.

«Il est impossible de modifier les frontières entre la Russie et l'Estonie. Cela fait partie de la Constitution russe. Selon les amendements constitutionnels, il est interdit d’aliéner des parties du territoire russe», a rappelé un autre sénateur, Sergueï Tsekov.

En 2020, M.Polluaas avait déjà appelé à appliquer le traité de Tartu et évoqué des différends territoriaux avec Moscou. Commentant sa déclaration, la Présidente estonienne Kersti Kaljulaid avait alors souligné que le pays était devenu membre de l'Otan à condition de renoncer aux revendications territoriales et de préserver les frontières apparues après la Seconde Guerre mondiale.

Traité de Tartu

Le traité de Tartu de 1920 a notamment accordé à l’Estonie une partie de la région russe de Pskov à l'est de la rivière Narva. L’Estonie a perdu ces territoires à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les zones en question font désormais partie de la région de Léningrad, entourant la ville de Saint-Pétersbourg et limitrophe de l’Estonie et de la Finlande.

La Russie considère le traité de Tartu de 1920 comme caduc, alors que certains hommes politiques estoniens continuent d’affirmer qu’il est en vigueur.

Ce document a empêché Moscou et Tallinn de ratifier un accord sur la démarcation des frontières terrestres et maritimes communes. Les deux pays ont signé l’accord en 2005, mais Tallinn y a unilatéralement inclus une référence au traité de Tartu lors de la procédure de ratification nationale. Moscou a alors rappelé sa signature, considérant cette référence au traité de 1920 comme une possibilité pour Tallinn de formuler des revendications territoriales à l’avenir.

En 2013, la Russie et l’Estonie ont achevé des négociations sur un nouvel accord sur la frontière qui a été signé en février 2014. Le document n’a pas encore été ratifié.

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Tags:
frontière, Russie, Estonie
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