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Lors de la session planaire du Parlement européen dédiée au déplacement en Russie de Josep Borrell, certains eurodéputés n’ont pas caché leur scepticisme à l’égard de l’attitude de l’UE envers Moscou. «Il n’est pas question des droits de l’Homme, c’est un agenda politique contre la Russie», a lancé une eurodéputée irlandaise.

«En écoutant la russophobie dans cet hémicycle, pourquoi les gens sont surpris que la Russie n’ait pas l’intention de s’impliquer dans les relations avec l’Union européenne», s’est interrogée le 9 février au Parlement européen Clare Daly, femme politique irlandaise.

Passant au cas d’Alexeï Navalny, un des sujets clés de la récente visite de Josep Borrell en Russie, elle a rappelé qu’elle était la première à défendre les droits de quiconque, y compris ceux de cet opposant.

«Mais soyons honnêtes. C’est un raciste anti-immigrant et vicieux. Il n’a que 4% de soutien des électeurs. [...] S’il avait été arrêté dans n’importe quel autre pays du monde, personne ne se serait offusqué. En parallèle, Julian Assange, lui il est incarcéré depuis 10 ans», a-t-elle rappelé.

Et de citer des exemples de personnes incarcérées pour leurs idées ou actes que ce soit en Europe ou aux États-Unis, tout en demandant si quelqu’un envisageait de sanctionner ou couper les relations avec ces États.

«Il y a des centaines de personnes qui ont été arrêtées ici lors de manifestations à Bruxelles. Il n’est pas question des droits de l’Homme, c’est un agenda politique contre la Russie et il faut toujours trouver un ennemi pour le pointer du doigt», a-t-elle en outre martelé.

L’Europe doit être libre, rappelle Mariani

Pour sa part, l’eurodéputé français Thierry Mariani a rappelé, en s’adressant à M.Borrell, qu’il faisait partie de ceux qui jugent que l’UE ne peut pas avoir de diplomatie unifiée.

«Un élargissement inconséquent, un atlantisme constitualisé, une volonté publique d’en revenir à la guerre froide interdisent aujourd’hui à l’Union européenne d’adopter une politique réaliste. Vous n’aviez donc que peu de chances de succès et il était certain que la Russie, si régulièrement insultée par l’Union européenne, ne vous ferait pas de cadeau», a-t-il déclaré, qualifiant pourtant le déplacement de M.Borrel de «courageux, réaliste et nécessaire».

La politique étrangère est une affaire de puissance, a-t-il poursuivi, rappelant que celle russe était présente et que l’Allemagne le savait avec Nord Stream et la France la voyait au Proche-Orient et en Afrique. 

«Joe Biden commençait sa présidence en disant "Americais back". La bonne politique serait de lui répondre "L’Europe est libre".»

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Tags:
Russie, Parlement européen, Thierry Mariani
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