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Un parquet letton ayant refusé de clore la procédure à l’encontre de journalises écrivant pour les médias Baltnews et Sputnik Lettonie, accusés de violer le régime des sanctions de l’UE, une conférence a réuni ce samedi 13 mars des journalistes de différents pays autour du thème des pressions exercées sur les médias russophones.

Le parquetde Riga a refusé de clore l'affaire concernant les journalistes qui coopèrent avec Baltnews et Sputnik Lettonie, a fait savoir la journaliste Alla Berezovskaya lors d'une conférence organisée ce 13 mars par l'Union russe de Lettonie (LKS) dans le but de défendre les professionnels des médias qui ont été arrêtés par le Service de sécurité d'État du pays. Ils ont été inculpés pour violation du régime des sanctions décrétées par l’UE.

«Le déclencheur de cette conférence a été la décision du parquet de Riga, auquel nous nous sommes adressés, lui demandant de mettre fin à la procédure pénale contre les journalistes. [...] Le parquet nous l’a refusé», a-t-elle déclaré lors de l’évènement.

Elle a en outre précisé que la décision du parquet de Riga a fait objet d’un appel auprès du parquet général de Lettonie.

À la conférence ont été invités des journalistes russes de Lettonie, de Russie, de Lituanie, d'Estonie, d'Allemagne et de Belgique, ainsi que des représentants d'organisations de défense des droits de l'Homme pour discuter de la situation des pressions sur les médias écrivant en langue russe.

Accusations contre les journalistes  

En décembre, des journalistes lettons russophones, y compris de ceux qui coopèrent avec Baltnews et Sputnik Lettonie, ont été inculpés pour violation du régime de sanctions de l'UE. Des perquisitions ont été menées et il leur a été interdit de quitter le territoire. La peine requise pourrait aller d'une amende à l'emprisonnement, selon la législation lettone.

Baltnews et Sputnik Lettonie sont rattachés au groupe média MIA Rossiya Segodnya. Toutefois, les journalistes lettons qui écrivent pour ces médias ne sont pas leurs collaborateurs, mais seulement des auteurs indépendants.

Il ne s’agit pas des premières inculpations décidées par les autorités des pays baltes contre les journalistes russes qui avaient déjà rencontré des difficultés à exercer leur activité dans ces États. Notamment, en 2019, des employés de Sputnik Estonie avaient reçu de la part de la police des menaces directes d’engager des poursuites pénales contre eux s'ils continuaient de collaborer avec l'organisation mère.

Selon Tallinn, ces mesures se justifiaient par les sanctions introduites par l'Union européenne en mars 2014 contre des personnes physiques et morales dans le contexte du conflit en Ukraine. Cependant, les sanctions visaient non pas le groupe médiatique Rossiya Segodnya, dont fait partie Sputnik, mais personnellement son directeur général, Dmitri Kisselev.

La réaction du ministère russe des Affaires étrangères

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié cette démarche des autorités lettones contre les journalistes russes d'action punitive et d'exemple flagrant de violation des fondements d'une société démocratique, de la liberté des médias et d'expression.

Il a en outre indiqué que les sanctions revêtaient un caractère personnel en visant le directeur général de Rossiya Segodnya, Dmitri Kisselev, et ainsi «ne [devaient] pas s’étendre à ceux qui collaborent» avec l'agence de presse russe.

La rédactrice en chef de Sputnik, Margarita Simonian, a alors dit espérer que la Russie réponde aux poursuites pénales contre les employés de Baltnews et de la rédaction lettone de Sputnik.

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Tags:
Estonie, Sputnik, liberté d'expression, accusations, journalistes, Lettonie
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