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La première rencontre entre le secrétaire d’État américain et son homologue allemand mardi 23 mars à Bruxelles a fait voler en éclats les espoirs de Berlin de voir s’améliorer les relations bilatérales, analyse la presse locale.

Bien que personne à Berlin n’ait nourri l’illusion que la victoire électorale de Joe Biden éliminerait tous les conflits avec Washington, l’espoir existait néanmoins de voir les États-Unis revenir à un partenariat en matière de politique étrangère et de sécurité. La première rencontre entre le secrétaire d’État américain Antony Blinken et son homologue Heiko Maas mardi 23 mars, à la conférence des ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Bruxelles, y a mis fin, rapporte le quotidien allemand Der Tagesspiegel.

«Les espoirs du gouvernement fédéral sont maintenant étouffés», écrit le journal en citant en exemple la situation avec le gazoduc Nord Stream 2 et les négociations sur le règlement de la situation en Afghanistan.

Selon Der Tagesspiegel, cette rencontre à Bruxelles n'était pas de bon augure car avant son ouverture l'administration américaine avait surpris ses alliés par une proposition non coordonnée sur l'avenir de l'Afghanistan, qui annulait les plans précédents.

Nouvelles menaces de sanctions américaines

En outre, avant la rencontre bilatérale, M.Blinken avait exigé que l’Allemagne arrête définitivement la construction du gazoduc et n'avait pas exclu de nouvelles sanctions afin d'empêcher son achèvement.

«Le fait que Blinken aborde le sujet de manière si proéminente et stricte a contrecarré l'intention du gouvernement fédéral de discuter discrètement de la question, controversée, en offrant à son partenaire américain des services supplémentaires dans d'autres domaines pour qu'il retire les menaces de la table. Même les opposants allemands au gazoduc sont fermement opposés aux sanctions extraterritoriales américaines», conclut le journal.

Déclarations d’Antony Blinken

Dès son arrivée au siège de l’Otan pour sa première réunion avec ses homologues de l’Alliance mardi 23 mars, Antony Blinken a réitéré l’opposition des États-Unis au projet du Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne.

«Le président Biden a été très clair lorsqu’il a dit que ce projet de gazoduc était une mauvaise idée pour l’Europe et pour les États-Unis», a-t-il déclaré au cours d’un premier point de presse.

M.Blinken a exprimé son impatience de voir son homologue allemand et d’avoir l’occasion de le lui redire.

«Ce projet de gazoduc est en contradiction avec l’objectif de sécurité énergétique de l’Europe, il risque d’affaiblir l’Ukraine et va contre les intérêts de la Pologne et d’autres alliés», a-t-il ajouté en affirmant qu’une loi américaine «nous oblige à sanctionner les entreprises qui participent aux efforts pour achever le gazoduc».

Le 18 mars, Antony Blinken avait déjà mentionné dans un communiqué cet «avertissement»: «toutes les entités impliquées dans le gazoduc Nord Stream 2 sont passibles de sanctions américaines et doivent cesser immédiatement de travailler».

Démenti de Moscou

La Russie ne cesse de répéter qu’il s’agit d’un projet commercial qui est avantageux pour l'Europe. De son côté, Berlin soutient l'achèvement du gazoduc et rejette les sanctions extraterritoriales unilatérales des États-Unis.

Mi-février, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a assuré que le Nord Stream 2 était terminé à plus de 95%.

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Tags:
Nord Stream 2, Antony Blinken, États-Unis, Allemagne
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