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Le vaccin AstraZeneca suspendu dans plusieurs pays (44)
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Le produit d’AstraZeneca a donné lieu à une passe d’armes à Berlin, entre le ministre de la Santé et celui de l’Intérieur. Ce dernier a refusé avec virulence de se faire vacciner, comme le lui suggérait son collègue.

Le vaccin Vaxzevria (ex-ChAdOx1 d’AstraZeneca) n’en finit plus de semer la zizanie en Europe. Même sous un nouveau nom, le produit des laboratoires anglo-suédois continue de déclencher des controverses.

Le gouvernement de Merkel en a cette fois-ci fait les frais, avec le refus du ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer de se faire vacciner, rapporte Bild. Son collègue, le ministre de la Santé Jens Spahn avait pourtant demandé à tous les membres du gouvernement de donner l’exemple. Une opération de séduction qui visait à promouvoir le vaccin, en déficit de confiance depuis sa suspension temporaire.

Âgé de 40 ans, Jens Spahn ne pouvait pas lui-même monter au front, n’étant pas éligible à la vaccination. Son confère de l’Intérieur, 71 ans, a pour sa part accueilli fraîchement l’idée.

«La réponse à la demande de Jens Spahn est non! Je ne me laisserais pas prendre de haut!», a ainsi déclaré Horst Seehofer à Bild, qui l’interrogeait sur le sujet.

Le ministre de l’Intérieur s’est cependant gardé d’évaluer le vaccin en lui-même, précise le quotidien allemand.

Ce 1er avril, le Président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a reçu une première dose d’AstraZeneca. Il a encouragé ses compatriotes à en faire de même, déclarant dans un communiqué «faire confiance à tous les vaccins approuvés en Allemagne».

Angela Merkel, 66 ans, a également annoncé devant la presse être prête à recevoir une injection d’AstraZeneca.

Déconseillé aux moins de 60 ans

Ce 30 mars en Allemagne, le Comité permanent de vaccination (STIKO) avait déconseillé l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca aux personnes de moins de 60 ans. En cause: les thromboses développées par certains jeunes receveurs.

L’organe conseillait en outre aux moins de 60 ans qui avaient déjà reçu une dose de ne pas se faire injecter la seconde. Le ministre allemand de la Santé a déclaré vouloir s’entretenir avec les autorités régionales concernant cette décision. Les patients déjà vaccinés une fois avec l’AstraZeneca pourraient se voir administrer une seconde dose d’un vaccin à ARN messager, comme le Moderna ou le Pfizer/BioNTech a déclaré le ministre sur Twitter.

Après une première suspension dans plusieurs pays à la mi-mars, les vaccinations par AstraZeneca avaient pu reprendre, notamment en France, dans le sillage de recommandations favorables de l’OMS et de l'Agence européenne des médicaments (EMA). Mais le produit s’est récemment vu frapper de nouvelles restrictions. À l’image de l’Allemagne, les Pays-Bas et la France l’ont interdit respectivement aux moins de 60 et 55 ans.

L’AstraZeneca doit désormais faire face à un sentiment de défiance à son égard, qui pourrait expliquer son récent changement de nom. Même après l’approbation par l’EMA, seuls 30% des Français assurent désormais faire confiance au vaccin, rapportait un sondage Elabe fin mars.

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Tags:
AstraZeneca, Vaccin anti-Covid d'AstraZeneca/Oxford, Allemagne, Horst Seehofer, Frank-Walter Steinmeier, Covid-19, vaccin
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