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Quelques heures après la mort du prince Philip, les hommages n’étaient déjà plus de mise pour la presse française. Les articles accusant le défunt de racisme ou de sexisme ont fleuri dans plusieurs grands quotidiens.

Plusieurs médias français ont créé la polémique en tirant à boulets rouges sur le prince Philip, quelques heures après son décès. Alors que les hommages commençaient tout juste à affluer, Emmanuel Macron saluant la «vie exemplaire» du prince consort, certains médias français ont en effet pris le contrepied, décidant de mettre en avant une face supposée plus sombre du personnage.

Le Monde a ouvert le bal, en publiant un article à charge intitulé «Philip, prince des bourdes», moins de 30 minutes après l’annonce officielle du décès sur le compte Twitter de la famille royale.

Le texte reprochait notamment au défunt d’avoir fait preuve d’une «certaine condescendance aristocratique, voire de xénophobie ou de racisme impérial» sa vie durant. Et le quotidien de lister les boutades si britanniques qui ont fait la réputation du prince pendant des années, qualifiant certaines de «remarques franchement déplacées, voire stupides».

L’article a d’ailleurs suscité un tollé sur les réseaux sociaux, soulevant notamment l’indignation de Raphaël Enthoven. Le philosophe a ainsi comparé «l’humour anglais» du prince Philip avec «la connerie woke» promue, selon lui, par ce type d’article.

Le Monde s’est également attiré les critiques de l’écrivain Alexandre Jardin, qui a vu dans cet article le reflet de l’«ignominie» de l’époque.

Certains confrères journalistes se sont également émus du traitement du sujet. Jean-Christophe Buisson, directeur-adjoint du Figaro, pointant notamment du doigt le quotidien «dans ses basses œuvres».

L’AFP a par la suite proposé une compilation des «blagues parfois de mauvais goût» du mari d’Élisabeth II. Comme souvent cet article, plutôt neutre, a été repris et parfois étoffé par plusieurs médias, de BFM TV à RTL en passant par le HuffPost.

L’Obs y a ajouté sa touche personnelle, dénonçant tout à la fois le «racisme», la «grossophobie», le «validisme», le «sexisme» et la «xénophobie» censés transpirer des plaisanteries du prince consort. Le tout couronné de «manque de finesse et mépris».

Les Britanniques plus consensuels

Une attitude qui tranche avec celle de la presse britannique, beaucoup plus consensuelle sur le sujet, ce 10 avril. Outre-Manche, la plupart des journaux ont ainsi rendu hommage au prince consort. Beaucoup l’ont affiché en Une, accompagné de la reine Élisabeth II, insistant sur la longévité du couple, comme le Daily Mail qui titrait «Adieu mon bien-aimé».

Le Daily Express saluait pour sa part en Une un «homme extraordinaire», assurant partager le chagrin de la souveraine, désormais veuve. Même prévenance pour le Sun qui titrait «Nous pleurons tous avec vous Madame».

Une couverture médiatique qui a cependant pu sembler excessive à certains Britanniques. La BBC, qui avait suspendu ses programmes sur plusieurs chaînes pour couvrir l’événement, a ainsi été confrontée à de nombreuses plaintes d’auditeurs. Accusé d’en faire trop, le diffuseur a même dû mettre en place un formulaire simplifié pour les plaintes.

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Nouvel Observateur, reine Élisabeth II, prince Philip, duc d’Édimbourg, BBC, Le Monde, presse
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