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Expulsions de diplomates entre la Russie et la République tchèque (16)
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Après avoir d'abord brandi la menace de ne pas laisser Rosatom participer à l’appel d’offres pour construire un réacteur nucléaire, la République Tchèque a finalement annoncé l'exclusion pure et simple du groupe russe du projet.

Après les frictions diplomatiques, la République tchèque a porté ses différends avec la Russie sur le terrain économique. Prague a en effet annoncé exclure le russe Rosatom d’un appel d’offres à 6 milliards d’euros, en vue de construire un réacteur pour la centrale nucléaire de Dukovany.

«Le fournisseur russe Rosatom ne sera pas invité à soumettre des documents pour évaluation de sécurité» a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre tchèque de l'Industrie et du commerce, Karel Havlicek.

Lequel a par la suite précisé sur Twitter que le français EDF, le sud-coréen KNHP et l’américain Westinghouse (racheté par Toshiba) seraient admis à concourir. Le contrat porte sur une extension de la centrale de Dukovany, qui devrait être achevée à l’horizon 2036. Fin janvier, le concurrent chinois China General Nuclear Power avait déjà été mis sur la touche.

Montée des tensions

L’exclusion de Rosatom intervient dans un contexte tendu entre Moscou et Prague. Le 17 avril, la République tchèque a en effet accusé les services spéciaux russes d’être à l’origine d’une explosion dans un dépôt de munitions à Vrbetice, en 2014.

Dix-huit diplomates russes ont été expulsés du pays suite à ces accusations. La Russie a réagi le lendemain, en déclarant 20 diplomates tchèques personae non gratae. L’escalade a continué ce 19 avril, le conseil municipal de Prague demandant la restitution du territoire sur lequel est bâti l’ambassade russe.

Le ministre Karel Havlicek avait déjà déclaré à Reuters que ce climat de tensions pouvait influer sur le choix de Rosatom comme constructeur du réacteur. Il y a un mois, sur la chaîne de télévision Ceska, le même Karel Havlicek affirmait pourtant que Rosatom était un candidat à l’appel d’offres, et parlait d’une décision «prise à l’unanimité» lors du Conseil de sécurité.

Située dans le sud de la République Tchèque, la centrale de Dukovany a été construite dans les années 1970, après des accords passés avec l’Union soviétique. Elle dispose de quatre réacteurs toujours en activité. Prague compte en ajouter un cinquième, d’une puissance de 1.200 mégawatts, dont la construction débutera en 2029.

Le constructeur choisi doit être connu courant 2024. La station pourvoit à 20% de la consommation électrique du pays.

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Tags:
Rosatom, appel d'offres, énergie nucléaire, centrale nucléaire, République tchèque
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