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La ministre tchèque de la Justice ayant affirmé qu’il pourrait exister une troisième hypothèse sur les explosions de 2014 dans un dépôt de munitions à Vrbetice, elle a été convoquée par le chef du gouvernement, tandis que le vice-président du Parti démocratique civique estime qu’elle mérite «un licenciement indiscutable».

Le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, déclare vouloir rencontrer la ministre de la Justice, Marie Benesova, qui affirme que l'affaire des explosions dans le village de Vrbetice en 2014 comporterait plus de deux hypothèses. Lui-même se dit certain qu’il n’en reste qu’une, celle de l’implication d’«agents des services secrets russes», a fait savoir ce 2 mai le vice-Premier ministre, Jan Hamacek.

«La police se penche sur l’hypothèse russe. Des employés du GRU [le renseignement militaire russe, ndlr] sont impliqués dans ces explosions. Il n’existe pas d’autres versions. Marie Benesova n’a reçu que des informations générales», a martelé Jan Hamacek à la télévision tchèque, ajoutant que le chef du cabinet avait convoqué la ministre pour ses déclarations.

Il affirmé que la déclaration de Marie Benesova avait «servi les intérêts de quelqu'un d'autre que la République tchèque».

«Nous ne pouvons plus rien changer. Nous savons ce que les Russes ont fait, nous savons comment ils l'ont fait. Eux, ils savent qu'ils l'ont fait et savent que nous savons que c’est eux qui l'ont fait. La seule chose qu'ils [les Russes, ndlr] ne savent pas, c'est ce dont nous disposons sur eux», a lancé Jan Hamacek.

Interrogé pour savoir si Marie Benesova risquait d’être renvoyée pour ces déclarations, il a répondu que la décision revenait au Premier ministre.

«Il ne reste que cinq mois avant les législatives, moi, je ne précipiterais pas les remaniements au sein du cabinet», a-t-il noté.

«Un licenciement indiscutable»

Entretemps, Zbynek Stanyura, vice-président du Parti démocratique civique (ODS) tchèque, fondé par l’ancien Président Vaclav Klaus, a appelé à limoger Marie Benesova après ses déclarations, affirme le média Ceské noviny.

Selon lui, les déclarations de la ministre de la Justice témoignent que le gouvernement vit une scission et que tous ses membres ne font pas confiance au Premier ministre. Ce qui, selon lui, met en doute les décisions dans le domaine de la politique étrangère concernant la sécurité des Tchèques et qui implique «un licenciement indiscutable» de la ministre.

«Un jeu des services du renseignement»?

Marie Benesova a dévoilé le 29 avril l’existence de plus de deux hypothèses dans l’affaire des explosions dans des entrepôts de Vrbetice. Elle a indiqué qu’elle avait assisté à la réunion du cabinet lorsque la question avait été examinée et qu’elle s’était faite à ce sujet une opinion proche de celle du Président Milos Zeman. Elle a précisé avoir vu uniquement l’information des services de contre-espionnage, personne n'ayant accès aux autres documents. Dans ce contexte, Marie Benesova estime possible l’existence d’une troisième hypothèse.

Milos Zeman a fait une déclaration sur le sujet le 25 avril. Dans un discours télévisé, il a affirmé que l'enquête se poursuivait et étudiait deux hypothèses: celle d’un maniement non professionnel du contenu des entrepôts par le personnel et celle de l'organisation d'explosions par des services secrets étrangers. Il a exhorté à attendre les résultats de l'enquête avant de faire quelque conclusion que ce soit.

Le Président Zeman a souligné que, si la participation d’agents russes était prouvée, la Russie devrait en payer le prix. Mais si ce soupçon est écarté, c’est qu’il s’agit «d'un jeu des services du renseignement qui risque d’avoir de sérieuses conséquences pour la vie politique de la Tchéquie». Dans le même temps, il a déclaré que le renseignement du pays ne lui avait signalé aucun élément de suspicion envers la Russie au cours des six années qui se sont écoulées depuis.

Expulsions réciproques

À la mi-avril, Prague a accusé les services secrets russes d'être impliqués dans les explosions du dépôt de munitions de Vrbetice en 2014 et a expulsé de nombreux employés de l'ambassade de Russie.

Moscou a réagi en déclarant personae non gratae 20 diplomates tchèques. Il a indiqué que les accusations d'explosions étaient absurdes, infondées et tirées par les cheveux. Le ministère russe des Affaires étrangères avait précédemment déclaré que la Tchéquie avait reçu, en qualité de réponse russe à ses actions hostiles, ce qu’elle n’avait jamais imaginé même dans ses rêves les plus horribles.

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services secrets, explosion, République tchèque, Russie
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