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La société qui louait les entrepôts de munitions à Vrbetice en 2014 ayant lancé une action en justice «pour vol de biens» lors des explosions, Moscou constate que Prague «n’a rien trouvé de mieux que de tenter de rejeter la responsabilité» sur la Russie.

À défaut de pouvoir mener une enquête objective sur les explosions dans les entrepôts de munitions à Vrbetice en 2014, Prague n'a rien trouvé de mieux que d'essayer d’en imputer la responsabilité à un «ennemi extérieur», la Russie, a constaté Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, commentant les dernières informations sur le sujet.

Le ministère russe des Affaires étrangères «a remarqué l’article concernant la mystérieuse disparition d’un grand nombre d’armes depuis les tristement célèbres entrepôts de Vrbetice immédiatement après les explosions de 2014».

«Il s'agit de centaines et de milliers d'unités de munitions, d'armes et de pièces détachées», précise le ministère russe dans un communiqué.

«Au nom d’Imex Group [le locataire des entrepôts, ndlr], accusé par les forces de l'ordre tchèques d'avoir laissé pénétrer en 2014 "des agents russes du GRU [la Direction des renseignements russe, ndlr]" dans son entrepôt, une action en justice a été intentée ces derniers jours pour vol de biens de la société. La direction d’Imex est convaincue qu'une telle quantité d'armes n’a pas pu être complètement détruite dans ces explosions», souligne le ministère.

Le quotidien tchèque Mlada Fronta Dnes avait précédemment affirmé qu'après les explosions dans les entrepôts du village tchèque de Vrbetice, en 2014, le groupe preneur Imex avait constaté qu’il manquait une grande quantité d'armes.

«Une situation de confusion totale»

Maria Zakharova fait remarquer que, selon le média, tout commentaire est refusé tant par l'Inspection d'État tchèque des structures de sécurité et le Centre national pour la lutte contre le crime organisé, que par les enquêteurs chargés de l'affaire.

«Dans toute cette histoire, un seul fait est évident: dans une situation de confusion totale, Prague n’a trouvé rien de mieux que de tenter de rejeter la responsabilité sur le fameux "ennemi extérieur" en la personne de la Russie», a-t-elle encore souligné.

Toujours d’après la diplomatie russe, «il semble que non seulement les autorités tchèques ne puissent mener une enquête objective, mais encore qu’elles soient incapables d’assembler en une chaîne logique les scandales qui se produisent dans leur propre pays».

Le ministère russe des Affaires étrangères avait précédemment constaté que ces accusations s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste campagne lancée par l'Occident contre la Russie.

Un pays «inamical» pour la Russie

La République tchèque est l’un des deux pays, avec les États-Unis, qualifiés d’«inamicaux» par le gouvernement russe, après un décret ad hoc de Vladimir Poutine. Elle fait par conséquent l’objet de mesures de rétorsion comme États étrangers ayant commis des actes hostiles envers la Russie.

La Tchéquie avait précédemment expulsé des diplomates russes et certains pays européens lui ont emboîté le pas, entraînant une réponse symétrique de Moscou.

Le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, avait d’ailleurs appelé le 8 mai les membres de l’Union européenne à décider de l’expulsion d’«au moins un diplomate russe», en signe de solidarité avec son pays dans le cadre de l’affaire de Vrbetice.

Plusieurs hypothèses

À la mi-avril, la Tchéquie a accusé les services secrets russes d'être impliqués dans l'explosion de Vrbetice et a expulsé 18 employés de l'ambassade de Russie. Moscou a répliqué et a proclamé personae non gratae 20 employés de la mission diplomatique tchèque, qualifiant les accusations d’infondées, scandaleuses et tirées par les cheveux. Le Kremlin a déclaré que la Russie ne tolérerait pas «ce que se permettaient actuellement la République tchèque» et les pays qui la soutiennent, constatant que les accusations infondées de Prague contre la Russie avaient causé un grand préjudice aux relations bilatérales.

Entretemps, si le Président Milos Zeman a déclaré fin avril que l'enquête étudiait deux hypothèses –celle d’un maniement non professionnel du contenu des entrepôts par le personnel et celle de l'organisation d'explosions par des services secrets étrangers–, la ministre de la Justice, Marie Benesova, avait pour sa part évoqué une possible troisième hypothèse.

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Maria Zakharova, munitions, République tchèque, Russie
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