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Intervenant au Parlement européen, Thierry Mariani a dénoncé le double discours de l’UE en matière de droits de l’homme et de politique internationale, invoquant l’absence de réaction de l’institution à la mort de nombreux opposants politiques en Turquie.

Thierry Mariani a accusé au parlement européen l’UE d’être hypocrite vis-à-vis de la Turquie.

Déplorant la mort et la disparition de Turcs à cause de leurs opinions et de leurs engagements politiques, il constate que toutes les tentatives d’alerter sont bloquées au Parlement européen et qu’un simple amendement qui ne faisait qu’évoquer cette situation a été recalé.

«Ce sectarisme est aussi la preuve d’un double discours de notre institution en matière de droits de l’homme et en matière de politique internationale», signale-t-il.

Dans ce contexte, il a rappelé que suite à la mort d’un seul homme en détention provisoire dans une prison russe, Sergueï Magnitski, les États-Unis ont adopté la loi Magnitski et l’Union européenne les a vite imités.

Erdogan, le pilier de l’Otan pour le Proche-Orient

Il a ajouté que la mort d’opposants politiques à Erdogan ne provoquait pas la même réaction.

«Monsieur Erdogan continue de recevoir des milliards d’euros de l’Union européenne. Monsieur Erdogan ne trouve toujours pas porte close et définitivement fermée dans les négociations d’adhésion. Monsieur Erdogan est toujours le pilier de l’Otan pour le Proche-Orient.»

Selon lui, «notre attitude vis-à-vis de la Turquie montre toute l’hypocrisie de notre institution».

Thierry Mariani estime que le Président turc est utile aux intérêts des États-Unis, et que les sanctions, les menaces, les réactions n’ont aucun effet sur lui, car il sait qu’il n’a rien à craindre de la part de la communauté internationale.

«Pour d’autres pays, les histoires les moins fabriquées suffisent à provoquer des réactions hystériques. Les peuples nous regardent, ils analysent les racines et les conséquences de nos actions. Ils constatent que face à la menace d’Erdogan, nous n’agissons pas, nous restons paralysés.»

L’indignation de Borrell

Parmi de telles réactions hystériques, il convient de rappeler celle du haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la sécurité, Josep Borrell, après que la Russie a interdit l’entrée sur son territoire à huit responsables européens en réponse aux sanctions introduites par l’UE contre plusieurs citoyens russes dans le cadre de l’affaire de l’empoisonnement présumé de l’opposant Navalny. M.Borrell s’est dit indigné par les restrictions de la diplomatie russe.

Un avocat incarcéré pour fraude fiscale

Quant à Sergueï Magnitski, il était avocat au sein d’un cabinet juridique américain arrêté en 2008 pour fraude fiscale. Le cabinet fournissait des conseils au fonds d’investissement britannique Hermitage Capital qui était avec son patron William Browder dans le collimateur de la justice russe depuis 2005.

M.Magnitski est décédé dans une prison de Moscou en novembre 2009. Après son décès fin 2012, les États-Unis ont adopté une loi, le Magnitski Act, instaurant des sanctions économiques et des interdictions de visas pour des fonctionnaires russes soupçonnés d’être impliqués dans sa mort.

Leur exemple avait été suivi peu de temps après par d’autres pays.

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Tags:
Thierry Mariani, Union européenne (UE), Turquie
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