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Sanctions européennes après l’arrestation d’un opposant, frontière avec l’Ukraine fermée, menace de la Lituanie de construire une barrière contre les migrants… Les rapports de la Biélorussie avec ses voisins de l’Ouest ne sont pas bons, d'autant plus que Vilnius appelle à appliquer de nouvelles sanctions.

En un an les tensions entre Minsk et Vilnius se sont exacerbées, particulièrement depuis que la Lituanie a commencé à accueillir les opposants en exil d’Alexandre Loukachenko. S’y ajoute l’augmentation du nombre de migrants illégaux entrant dans le pays balte via son voisin. Un recours à «une arme hybride», pour le chef de la diplomatie lituanienne.

«Nous devrions réfléchir à des sanctions lorsque de telles attaques hybrides sont dirigées contre des pays de l'UE. Par conséquent, les ministres doivent discuter d’un cinquième paquet de sanctions contre la Biélorussie», a déclaré le ministre Gabrielus Landsbergis.

Après avoir vu exploser le nombre de migrants à sa frontière avec la Biélorussie, le gouvernement lituanien a estimé que Loukachenko se servait d’eux pour faire pression sur Tallinn, qui n’a pas soutenu sa réélection et qui a d’ailleurs accueilli l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa. Le ministre lituanien des Affaires étrangères a par ailleurs convoqué l’ambassadeur de Biélorussie pour exiger que Minsk fasse cesser le flux migratoire illégal à travers sa frontière.

En visite à Medininkai, à la frontière lituanienne, le président du Conseil européen Charles Michel a lui aussi évoqué «une suspicion qu'il y ait un rôle du régime bélarusse», ajoutant que «nous ne sommes pas naïfs en Europe. Nous ne sommes pas non plus intimidés».

Fermeture de la frontière avec l'Ukraine

Quant à la fermeture de la frontière avec l’Ukraine ordonnée par Alexandre Loukachenko début juillet, Minsk précise que cela ne représente pas un obstacle pour les affaires et les gens.

«Pour les touristes, pour les citoyens ordinaires, les frontières sont ouvertes... Fermer les frontières ne signifie pas qu'il y a des obstacles pour les affaires, pour le tourisme ou pour la circulation des personnes ordinaires Mais en ce qui concerne le crime organisé, les tentatives d'organiser des attentats, dans ce cas, nous prendrons les mesures les plus sévères», a déclaré dans une interview à la chaîne RT le ministre des Affaires étrangères de la République, Vladimir Makeï.

En ordonnant la fermeture de la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, Alexandre Loukachenko avait invoqué des raisons de sécurité, à savoir «une énorme quantité d'armes» qui «arrive d'Ukraine en Biélorussie».

Relations dégradées

Les relations entre la Biélorussie et les pays occidentaux se sont détériorées après la présidentielle d'août 2020. Ceux-ci n'ont pas reconnu les élections comme libres et démocratiques.

L'Ukraine est l'un des pays que la Biélorussie a accusé d'ingérence dans ses affaires intérieures, de même que le fait que les manifestations antigouvernementales étaient coordonnées depuis son territoire.

L'Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada ont imposé des sanctions politiques et économiques à un certain nombre de responsables biélorusses, ainsi qu'à des entreprises. Minsk a annoncé une réponse symétrique.

La Biélorussie a annoncé fin juin la suspension de sa participation au Partenariat oriental de l’UE, lancé en 2009 et destiné à rapprocher six ex-républiques soviétiques avec l’UE, en représailles aux nouvelles sanctions européennes décidées après le déroutage d’un avion à bord duquel se trouvait un opposant, arrêté à l’aéroport de Minsk. Le ministère biélorusse des Affaires étrangères a signalé que la suspension de cet accord aurait un «impact négatif» sur la lutte contre l’immigration clandestine et le crime organisé.

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Tags:
Lituanie, Alexandre Loukachenko, Minsk, Vilnius, sanctions, Biélorussie
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