Faits divers
URL courte
Par
211922
S'abonner

Trois policiers municipaux de Béziers, dans l’Hérault, ont été placés en garde à vue après la mort d’un homme interpellé le 8 avril. Pour se défendre, les agents ont livré leur version, laquelle est contredite par plusieurs témoins cités par Le Parisien.

Le parquet de Béziers a confirmé la garde à vue des trois agents dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 18 avril pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique» et pour «non-assistance à personne en péril».

Le 8 avril, un homme est décédé après son interpellation pendant un contrôle lié au confinement. Selon les trois policiers municipaux, il a «refusé le contrôle» et «résisté» à l’interpellation. Les agents ont eu du mal à «le faire entrer à l’arrière de leur véhicule».

Après quoi l’homme a été transporté vers le commissariat de la police nationale à Béziers à l’arrière d’un véhicule, sur le ventre, menotté, avec un des policiers municipaux assis sur ses fesses «dans le but de le maintenir», poursuivent les intéressés.

Déclarations des témoins

Or, la version des trois policiers est contredite par plusieurs témoins dont les déclarations ont été recueillies par Le Parisien. Bien qu’il n’y ait pas de caméras de surveillance sur les lieux, les enquêteurs se sont procuré des films amateurs, ont entendu plusieurs riverains et recoupé leurs déclarations.

Ce soir-là, une patrouille de trois agents de la police municipale décide de procéder au contrôle de la victime qui se déplace à pied. L’homme se laisse contrôler le 31 mars et le 6 avril par la police municipale qui l’a verbalisé pour défection d’attestation liée au Covid-19. Le 8 avril, il est en possession d’une attestation dérogatoire horodatée à 17 heures.

En outre, un quatrième policier municipal aurait participé au chargement de l’homme dans le véhicule.

Toujours selon des informations du Parisien, deux frères, alertés par les cris de la victime, ont assisté depuis leur appartement du rez-de-chaussée à son embarquement dans le véhicule. L’un des deux témoins affirme avoir vu dans la voiture de police un agent à genoux sur la tête de la victime.

«Je vais te faire dormir», aurait-il dit.

Ce même agent aurait dit à un collègue: «Laisse-moi-le». Avant que les portières de la voiture ne se referment.

Le riverain affirme que les suspensions du véhicule ont bougé et que le policier en est descendu par la suite.

«Ça fait du bien», a-t-il lancé en riant, toujours d’après le témoin.

Des déclarations auxquelles son frère ajoute que le même agent a enfoncé ses deux genoux dans le cou de l’homme interpellé qui est resté inerte.

À son arrivée au commissariat, la victime ne respirait plus et n’a pas pu être réanimée.

Un repris de justice

L’homme avait été condamné à huit reprises depuis 2005 pour des violences et des vols. En outre, il était un toxicomane de longue date. Mais bien qu’il ait été dans un état de santé délabré, l’autopsie ordonnée par le parquet de Béziers a établi que l’homme avait subi «un appui maintenu avec une force certaine en région cervicale, probablement avec un genou ou un coude, qui paraît avoir certainement participé au décès en provoquant un syndrome asphyxique», précise de son côté l’AFP.

Contactée par Le Parisien, la sœur du défunt a exprimé sa satisfaction face à ces gardes à vue et qu’elle espérait désormais des mises en examen.
 

Lire aussi:

Les feux de forêt font rage en Turquie, Italie et Grèce - vidéos
Réacteur nucléaire «propre»: après l’abandon français, la victoire chinoise
Crachats, injures, huées: des journalistes de nouveau pris à partie par des anti-pass – images
Tags:
France, police, garde à vue, décès
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook