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La mairie d’Étampes, dans l’Essonne, a organisé et financé une marche blanche en l’honneur de deux frères décédés dans un accident de la route quelques jours plus tôt. La cérémonie n’a pas été au goût de tous, notamment au vu du long casier judiciaire des deux victimes, rapporte Le Parisien.

Dans la nuit du 13 au 14 janvier, deux frères de 32 et 39 ans, Samir et Nordine, tentaient d’échapper aux gendarmes à bord de leur Golf. Prenant un rond-point à contresens sur la nationale 20, à hauteur de Morigny-Champigny (Essonne), ils ont percuté un poids lourd de face et sont morts sur le coup. Trois jours plus tard, l’organisation d’une marche blanche à Étampes, où vit leur famille, suscite de vives critiques, relate Le Parisien.

Dimanche 17 janvier, environ 150 personnes sont venues leur rendre hommage. Podium, sono, écrans, distribution de café et de snacks, le tout financé par la municipalité à majorité républicaine (LR). L’annonce de cette cérémonie avait été faite la veille sur la page Facebook de la mairie, mais a dû être retirée face au tollé.

Casiers judiciaires chargés

En cause, le profil des deux frères en question, défavorablement connus des services de police. D’après une information du Point, leur véhicule «faisait l’objet d’une surveillance des douanes».

Samir, le plus jeune, est connu pour une trentaine de faits, dont tous n’ont pas mené à des condamnations, précise le quotidien francilien. Il devait toutefois se présenter ce 20 janvier au tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes pour détention non autorisée de stupéfiants et recel de biens provenant d’un délit.

Quant à Nordine, il a déjà passé une dizaine d’années derrière les barreaux, condamné à de multiples reprises pour trafic de stupéfiants dans l’Essonne, où il apportait en grande quantité du cannabis provenant d’Espagne.

Réactions de l’opposition

Toujours dans Le Parisien, des élus de l’opposition s’insurgent contre l’organisation de cette marche blanche. «Nous sommes choqués qu’une mairie prenne en charge une marche blanche», réagit Tarik Meziane, du conseil municipal d’opposition.

«Car une marche blanche signifie qu’il y a une protestation. Là, on proteste contre qui? Contre quoi? Contre les forces de l’ordre?». «On ne comprend pas que la ville dépense comme ça», conclut-il.

Même constat du côté de La France insoumise, pour laquelle «appeler cet événement marche blanche et y mettre de tels moyens financiers et humains était assurément une erreur».

«N’est-ce pas l’ultime preuve, si ce n’est d’une complicité, d’une tolérance à l’égard d’un certain banditisme? Est-ce un moyen de garder la paix dans les quartiers?», renchérit Rémi Lavenant, élu d’opposition d’une commune voisine.

«Ce n’est pas parce qu’on participe à une cérémonie de recueillement pour une personne que l’on cautionne ses actes», justifie de son côté le maire d’Étampes Franck Marlin. Il n’a toutefois pas souhaité réagir à la supposée prise en charge des obsèques par le centre communal d’action sociale.

Le commissariat de la ville s’est vu confier deux enquêtes, l’une pour «refus d’obtempérer et mise en danger de la vie d’autrui» et l’autre pour «recherche des causes de la mort».

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Tags:
mairie, délinquance, Essonne, polémique, Marche blanche
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