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Le centre-ville de Lyon a connu la semaine dernière plusieurs rodéos sauvages, un phénomène qui continue de perturber la France malgré les restrictions. La mairie de la ville et la préfecture du Rhône veulent s’en remettre aux images de vidéosurveillance pour identifier les auteurs des faits.

Les autorités locales sont mobilisées pour rechercher les délinquants qui ont effectué des rodéos sauvages la semaine dernière dans le centre-ville de Lyon. Un phénomène illégal qui persiste en France malgré les restrictions liées au Covid-19.

Le premier de ces faits remonte au 21 avril. Une vidéo montre sept individus, chacun à moto, effectuer des figures sur le sable de la place Bellecour, dans le IIe arrondissement de Lyon.

​Contactée par LyonMag, la police lyonnaise a affirmé ne pas avoir pu intervenir malgré de nombreux signalements, car les individus étaient déjà partis lorsque la police a recouru aux caméras de vidéosurveillance en direct pour tenter de les tracer.

Le deuxième fait a eu lieu le 24 avril. Selon LyonMag, plusieurs individus ont effectué un rodéo urbain au même endroit et au même moment de la journée lors du couvre-feu.

Ce jour-là, le groupe de motards, dépourvus de casques et de plaques d’immatriculation, a réalisé les mêmes figures dangereuses sur la place des Terreaux, à quelques mètres et sous les fenêtres de la mairie. La vidéo a été publiée mercredi 28 avril sur Twitter.

​Ces actes périlleux ont été dénoncés sur Twitter par le maire Les Républicains du IIe, Pierre Oliver.

«Regardez-les vous narguer et défier les lois de la République. Jusqu'à quel accident, quel drame, devrons-nous aller avant de réagir et d'arrêter le cirque?»

​Les délinquants sont recherchés

L'adjoint au maire en charge de la sécurité Mohamed Chihi indique sur Twitter que «les équipes de police et du centre de vidéosurveillance sont déjà mobilisées avec la préfecture du Rhône pour l'identification et l'arrestation des délinquants de la place des Terreaux et de la place Bellecour».

«Nous ne laisserons pas passer ces attitudes, ni ici, ni ailleurs à Lyon», ajoute-il.

​Dans une interview accordée le 28 avril à LyonMag, Thiery Suquet note que la préfecture du Rhône «agit avec détermination pour lutter contre ces phénomènes».

«Quand il n'est pas possible d'intervenir immédiatement, un travail a posteriori est systématiquement mené grâce à la vidéoprotection qui permet notamment d'interpeller et de saisir des engins.»

Des mesures de prévention déjà prises

Selon Thierry Suquet, des interpellations et le travail rendu possible par l'exploitation des images ont permis de «judiciariser» 32 affaires de rodéos dans le Rhône «sur les trois premiers mois de 2021».

«Des dispositifs préventifs comme des aménagements de voirie, le déploiement de la vidéoprotection et la présence des forces de l'ordre, ont permis d'en réduire le nombre sans pour autant faire disparaître le phénomène», ajoute le représentant de l'État. Comme le note LyonMag, l’agglomération n’a pas connu de rodéo géant depuis un an.

Thierry Suquet évoque «le renfort de 300 policiers sur trois ans pour la circonscription de sécurité publique de Lyon, soit 100 par an». Un engagement «tenu et même dépassé, puisque pour l’année 2021, ce sont 144 policiers qui seront affectés dans la métropole».

Les rodéos sauvages restent un phénomène répandu malgré leur illégalité et donc un casse-tête pour les forces de l'ordre, qui essaient de mettre fin à ce «fléau» à haut risque. Même le confinement n’a pas freiné ce phénomène.

«Depuis le début du déconfinement, cette pratique semble encore se développer», alertait en mai 2020 le préfet de Seine-et-Marne, Thierry Coudert dans un communiqué. Et ce, «au détriment de la sécurité de ceux qui s'y livrent comme de tous les usagers de la voie publique». Depuis 2018, une loi renforce pourtant la lutte contre les rodéos motorisés, prévoyant un an d’emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Différents moyens de prévention

Pour lutter contre ce phénomène, les villes recourent à différentes méthodes. Ainsi, selon l'AFP, l'agglomération du Havre a créé en 2018 une cellule dédiée à la lutte contre les rodéos urbains qui fonctionne de mi-avril à fin septembre, la saison des rodéos.

À Choisy, la police, la préfecture du Val-de-Marne, la ville et l'association Génération Sécurité routière ont organisé le 28 octobre un atelier de prévention contre les rodéos sauvages qui a réuni une trentaine de jeunes. Son objectif est de sensibiliser les plus jeunes aux dangers du rodéo, indique Le Parisien.

Cependant, certaines villes préfèrent opter pour des mesures plus radicales. C’est le cas de Marseille où la préfecture de police a mis en place une stratégie visant à détruire les engins saisis. Au total, une trentaine de ces deux-roues ont été détruits le 30 mai sur un site de gestion de déchets et de recyclage, indique Actu.fr.

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Lyon, France, rodéo
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