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Neuf personnes ont été interpellées dans le cadre d’un trafic de déchets franco-belge. Percés à jour, les trafiquants ont effectué des déversements sauvages de centaines de tonnes de détritus.

Alors que l’UE tente de limiter ses déchets via l’interdiction d'objets en plastique à usage unique, comme les gobelets jetables, un fait divers franco-belge révèle l’étendue des lacunes en la matière.

Un réseaux de trafiquants faisant passer des détritus de Belgique en France a en effet été démantelé, rapporte France Bleu. Sous la couverture de fausses sociétés, des camions ont ainsi pu déverser illégalement jusqu’à 6.400 tonnes de déchets dans des centres de tri et de valorisation qui ne leur étaient pas destinés.

Le pot-aux-roses découvert, les trafiquants ont alors vu se fermer devant eux les portes des centres de tri. Ce qui les a amenés à jeter 600 tonnes de détritus sur des terrains privés ou publics, entre octobre et décembre 2019.

Au total, ces divers dépôts ont entraîné un préjudice d’un million d’euros, sans parler du «préjudice environnemental», explique à France Bleu le procureur de la République de Lille. Neufs personnes ont finalement été interpellées, parmi lesquelles six ont été mises en examen et une placée en détention provisoire. Plus de 500.000€ en liquide ainsi que divers objets de luxe ont été retrouvés lors des perquisitions.

Explosion des trafics

Ce type de trafics n’a cessé de gagner en importance ces dernières années. En août, un rapport d’Interpol avait ainsi révélé une nette augmentation du commerce illégal des déchets, plastiques depuis 2018.

Des détritus envoyés en particulier vers les pays d’Asie du Sud-Est depuis l’Europe ou l’Amérique du Nord. La décision de la Chine de fermer ses portes aux importations destinées au recyclage a d’ailleurs pu accélérer la réorientation des trafics vers d’autres pays de la région, précisait le rapport. Certains États d’Europe de l’Est reprennent également le flambeau.

Derrière ces manœuvres, de nombreux cartels et mafias sont à l’œuvre, qui ne contrôlent pas seulement le transport des immondices, mais toute la chaîne d’approvisionnement, de la collecte à l’élimination, explique à Vice Patricia Grollet, coordinatrice opérationnelle d'Interpol pour la criminalité liée à la pollution.

«Le trafic de déchets devient très complexe. C'est pour cela que le crime organisé est impliqué derrière. Parce qu'il y a un niveau de sophistication qui est vraiment celui d'une entreprise criminelle», déclare ainsi la responsable.

Outre le plastique, les trafics de déchets électroniques inquiètent également les autorités. En août dernier, la police espagnole avait d’ailleurs réalisé un vaste coup de filet, arrêtant 34 personnes soupçonnées d’avoir exporté 2.500 tonnes de déchets d'appareils électriques dangereux vers l’Afrique.

La France n’est pas épargnée par ces flux illégaux. En 2020, les douaniers ont ainsi intercepté 12.957 tonnes de déchets, à l’exportation comme à l’importation, selon le ministère de l’Économie. Le Havre, Marseille et Bordeaux sont les principales portes de sortie de ces trafics.

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Tags:
recyclage, Interpol, Belgique, trafic, déchets
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