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    Manuel Valls, François Hollande et Bernard Cazeneuve

    La France rétablit le contrôle frontalier pour la COP21

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    La mesure, qui portera un caractère sélectif pendant la première semaine, sera valable jusqu'au 13 décembre.

    Le gouvernement français a rétabli le contrôle à ses frontières afin d'assurer l'ordre et la sécurité lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra au Bourget, du 30 novembre au 11 décembre. On envisage la participation de près de 80 chefs d'Etat ou de gouvernement à la conférence.

    Selon le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, près de 30.000 policiers seront envoyés à la frontière entre la France et les Etats voisins afin de réaliser un contrôle sélectif mobile du 13 au 19 novembre.

    Les mesures de sécurité à la frontière seront durcies au fur et à mesure. Le contrôle sera notamment renforcé dix jours avant la COP21, a expliqué jeudi le ministre de l'Intérieur lors de son intervention au Sénat, tout en soulignant qu'à partir du 26 novembre les mesures porteront un caractère systématique.

    Il est à noter que, selon M.Cazeneuve, il ne s'agit pas d'un blocage absolu des passages aux douanes. La France ferme sa frontière temporairement, conformément aux dispositifs des articles 23-25 du code frontières Schengen. Selon le code, chaque Etat membre de l'espace Schengen a la possibilité de rétablir les contrôles à ses frontières en cas d'atteinte à l'ordre public ou à la sécurité nationale (pour six mois maximum) ou pour faire face à des événements imprévus (cinq jours maximum), et après consultation des autres Etats du groupe Schengen.

    Le ministre a également réfuté tout lien avec la crise migratoire que traverse l'Europe ces derniers mois.

    "Ce n'est pas parce que nous allons suspendre pendant quelques semaines la libre circulation en mettant en place des contrôles aux frontières qui sont prévus par le code frontières Schengen, que nous nous engageons dans un chemin qui consisterait, face à une crise migratoire majeure, à remettre en cause les principes de Schengen", a-t-il déclaré lors d'une interview accordée récemment à la chaîne de télévision française BFMTV.

    Pourtant, la décision du gouvernement de rétablir le contrôle aux frontières a immédiatement suscité de nombreuses critiques au sein de l'opposition.

    "Face au terrorisme, face au déferlement de migrants, Bernard Cazeneuve a refusé, malgré mon appel, avec d'autres, à prendre immédiatement les mesures draconiennes qui s'imposent. Désormais, pour un sommet de chefs d'Etat, c'est possible!", a fait remarquer le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.

    "Schengen favorise les troubles à l'ordre public et le terrorisme. Merci pour cet aveu", a ironisé sur sa page Twitter le secrétaire général du FN Nicolas Bay.

    La crise migratoire que traverse l'Europe est qualifiée de crise la plus grave depuis la Seconde guerre mondiale. Selon certaines sources, plus d'un million de migrants ont rejoint le territoire européen depuis le début de l'année 2015. Certains pays sont allés jusqu'à réintroduire des contrôles frontaliers afin d'endiguer les flux interminables de réfugiés, remettant ainsi en cause les accords Schengen.

     

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    Tags:
    contrôles, frontière, sécurité, migrants, crise migratoire, Espace Schengen, accords de Schengen, COP 21, Sénat français, Bernard Cazeneuve, France, Europe
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