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Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, a mis en garde mardi contre les prises de position "clivantes" et "anxiogènes", après les propos offensifs de Manuel Valls sur le voile et la "bataille identitaire" à mener contre le salafisme.

"Je considère que le Premier ministre est dans son rôle quand il s'agit d'alerter sur un certain nombre de risques", a déclaré le dirigeant de l'instance considérée comme représentative de l'islam en France, pays où vivent quatre à cinq millions de musulmans.

Mais "sur le terrain, nous ne voyons pas de signaux qui confortent cette hypothèse d'un raz-de-marée de la pensée extrémiste et salafiste", a poursuivi Anouar Kbibech, estimant même qu'"on ne peut pas dire que ces groupes ont le monopole de la communication et de l'action sur les réseaux sociaux".

Lundi soir, lors d'une table ronde organisée au théâtre Déjazet, le Premier ministre s'était inquiété d'"une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) qui sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle", informe l'AFP.

"Les salafistes doivent représenter 1% aujourd'hui des musulmans dans notre pays, mais leur message, leurs messages sur les réseaux sociaux, il n'y a qu'eux finalement qu'on entend", avait-il tranché.

Quant au voile, sans soutenir explicitement son interdiction à l'université, il a jugé que la question était "posée". "Ce que représente le voile pour les femmes, non ce n'est pas un phénomène de mode, non, ce n'est pas une couleur qu'on porte, non: c'est un asservissement de la femme", a-t-il lancé.

Pour Anouar Kbibech, "on a plus besoin maintenant d'apaisement et de travail de fond, et pas tellement d'effets d'annonce et de prises de position un peu clivantes, qui pourraient être perçues comme stigmatisantes et donneraient du grain à moudre à ces groupuscules".

Evoquant la prévention de la radicalisation djihadiste, dans laquelle certains responsables musulmans sont engagés, le président du CFCM, réputé proche de l'ancien maire d'Evry, a fait valoir que "le contexte est déjà assez compliqué pour ne pas véhiculer des thèses anxiogènes qui ajouteraient à la complexité de la situation".

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Tags:
réseaux sociaux, salafisme, islam, musulmans, Anouar Kbibech, Manuel Valls, France
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