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Le 15 mai, François Hollande a fêté ses quatre ans à l'Elysée. De toute évidence, il est peu probable qu'il y revienne après l'élection présidentielle de 2017.

La cote de popularité de M.Hollande est tellement basse qu'il est qualifié de "leader le plus impopulaire de la Cinquième république". Comment est-il arrivé que l'homme politique qui suscité tant d'espoirs ait fini par un résultat aussi triste que ça?

Il voulait plaire à tout le monde

Des gens issus des couches sociales les plus diverses se félicitaient de l'élection de François Hollande au poste présidentiel.  Ils étaient unanimes dans leur volonté de mettre un terme à l'époque de Nicolas Sarkozy, qui a accumulé trop d'ennemis, et M.Hollande se présentait comme son antipode absolu.

Dans le même temps, les partisans de ce dernier fermaient les yeux sur des propos souvent contradictoires de leur candidat. Ainsi, en janvier 2012, M.Hollande déclarait: "Mon ennemi c'est la finance", mais un peu plus tard il s'est lui-même défini comme un héritier des socialistes ayant "libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations ".

Economie socialiste

On reproche à François Honnade de ne pas avoir proposé un programme économique cohérent. Bien qu'il ait rempli certaines de ses promesses de campagne en matière d'économie, cela a causé plus de dégâts que d'avantages.

Ainsi, le président socialiste a relevé l'ISF, l'impôt sur la fortune, jusqu'à un plafond sensationnel de 75%. Peu de temps après il est devenu clair que la réforme fiscale n'a pas atteint ses objectifs, car les capitaux ont commencé à fuir le pays.

Dans le même temps, les populations plus pauvres, qui formaient la base électorale de M.Hollande, ont été déçues par la montée du taux de chômage dans le pays.

Question musulmane

Lors de sa campagne électorale, François Hollande a promis de légaliser les mariages entre personnes de même sexe. A l'époque, les électeurs musulmans, qui considéraient son prédécesseur Nicolas Sarkozy comme islamophobe, n'ont pas prêté trop d'attention à cette initiative, mais après la légalisation définitive en 2013 des mariages homosexuels les musulmans outrés sont descendus dans la rue tout en compagnie des catholiques et des protestants.

Les relations entre le chef de la République et la communauté musulmane se sont dégradées davantage suite aux attentats terroristes de 2015. Bien que M.Hollande ait publiquement souligné qu'être musulman ne voulait pas dire être extrémiste, les forces de l'ordre et de sécurité ont considérablement intensifié la pression sur les musulmans résidant dans le pays.

Réformes constitutionnelles échouées

Parmi les réformes promises par François Hollande figurait notamment celle qui prévoyait d'octroyer un statut officiel aux langues régionales de France. Après être devenu président, M.Hollande a à plusieurs reprises soumis le document à l'examen du Sénat, mais toujours sans résultat.

Le président français François Hollande
© AFP 2019 Dominique Faget
Le projet de loi sur la déchéance de la nationalité française visant les personnes impliquées dans les activités terroristes lui a attiré des accusations d'islamophobie. Pour que la chambre basse du parlement soutienne la loi en question, le président a assoupli ses dispositions, mais l'opposition de la droite siégeant dans le Sénat s'est opposée à ces modifications. Le président n'est pas parvenu à trouver une formule juridique nécessaire pour que les deux chambres votent en sa faveur.

Virage néolibéral

En 2015-2016, le gouvernement français a mis au point des projets de loi qui simplifiaient la réglementation du marché du travail. M.Hollande a ainsi emprunté les idées avancées depuis longtemps par la droite, dans l'espoir de gagner ses sympathies, mais ce virage a inévitablement provoqué l'indignation de la gauche.

La "Loi travail", qui vise la majeure avancée de l'eurosocialisme français, la semaine de travail à 35 heures, a pour sa part suscité des manifestations de centaines de milliers de partisans de la gauche et de l'extrême gauche en France.

Saga des Mistral russes

Les mésaventures de François Hollande sur le champ diplomatique revêtent un caractère systématique. En dépit de sérieuses pressions internes, le président français a échoué à persuader Washington que la livraison des porte-hélicoptères Mistral à Moscou n'allait pas à l'encontre des intérêts de l'Otan et fini par annuler le contrat signé avec la Russie.

En ce qui concerne la crise syrienne, François Hollande reste aujourd'hui peut-être le principal adversaire de Bachar el-Assad dans le monde occidental, alors que les Etats-Unis sont de moins en moins disposés à apporter un soutien sans condition à l'opposition syrienne. Il ne reste à la France qu'observer sa politique proche-orientale s'enfoncer de plus en plus dans l'impasse en raison des priorités mal choisies.

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Tags:
ISF (impôt sur la fortune), loi Travail, communauté musulmane, déchéance de nationalité, réforme constitutionnelle, finances, élection présidentielle, attentat, terrorisme, Mistral, Présidentielle française 2017, Elysée, Parti socialiste français (PS), Nicolas Sarkozy, François Hollande, France
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