Ecoutez Radio Sputnik
    La Jungle à Calais

    Calais au bord de la crise de nerfs: la parole aux habitants

    © AP Photo/ Michel Spingler
    France
    URL courte
    Jungle de Calais (30)
    273099620

    La vie à côté de la Jungle de Calais, le plus grand bidonville d'Europe, devient de plus en plus problématique pour les Calaisiens.

    La présence des milliers de migrants à Calais rend la vie insupportable pour les habitants locaux qui ne se sentent plus en sécurité et subissent des dégâts importants, a déclaré à Sputnik Pierre Lavalée, agriculteur à Marck-en-Calaisis et responsable de la FDSEA du canton de Calais.

    "Aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de cultures dans les champs, donc ils se rabattent sur les corps de ferme en bordure d'autoroute, où ils se cachent la nuit. Alors vous imaginez quelqu'un qui se lève la nuit, qui voit dans sa cour 100 personnes qui essaient de chaparder tout ce qu'ils peuvent pour balancer sur l'autoroute… ça peut être des branches d'arbre. Les gens ne sont plus en sécurité, ils s'enferment à clef, mais bon. On demande plus de sécurité, au niveau des corps de ferme principalement", a indiqué M.Lavalée.

    Selon lui, les habitants locaux ont demandé des indemnisations au niveau des cultures, pour les dégâts causés par le passage des migrants.

    "Lorsque vous avez 2 à 300 personnes qui passent tous les jours, au même endroit, vous trouver des bouteilles en plastique, des cannettes, tout ce que vous pouvez jeter parterre… il y a des fermes qui sont de vrais dépotoirs, on commence à voir des règlements de compte aux abords de nos exploitations", déplore M.Lavalée.

    La situation a commencé à changer ces derniers temps, estime pour sa part Olivier Butez, agriculteur à Le Fort-Vert, sur la route de Gravelines qui représente l'axe résidentiel le plus proche de la Jungle et de la rocade qui mène au port de Calais et à l'A16 en direction d'Eurotunnel.

    "Depuis peut être une quinzaine de jours cela commence à bouger (…). Mais j'espère qu'il y aura des résultats, parce que bouger oui, mais il faut du résultat, aussi bien financièrement pour tout ce qu'on subit et moralement aussi… Parce que cela, c'est important aussi", a-t-il déclaré.

    Jungle de Calais
    © REUTERS/ Charles Platiau
    Pour M.Lavalée, les habitants locaux se retrouveront prochainement dans une situation intenable si Calais laisse les 10.000 migrants actuels auxquels s'ajoutent toujours de nouveaux réfugiés.

    "On ne peut pas laisser aujourd'hui 10.000 migrants à Calais et si on ne fait rien dans six mois, 15.000 migrants, cela va être une situation intenable. Ils arrivent, ils arrivent, mais il ne faut pas tout laisser à Calais. Il y a eu pendant fort longtemps la période de Sangatte, mais il y avait beaucoup moins de monde et c'était aussi, je pense, des gens beaucoup plus respectueux tandis qu'aujourd'hui — il ne faut pas généraliser — mais je pense qu'il y a des gens qui sont dangereux", a conclu M.Lavalée.

    Dossier:
    Jungle de Calais (30)

    Lire aussi:

    Une fois la "Jungle" de Calais démolie, où iront les réfugiés?
    Commerçants et routiers bloquent l’autoroute à Calais
    Jungle de Calais, entre ras-le-bol des professionnels et désespoir des migrants
    Tags:
    préjudice, crise migratoire, migrants, sécurité, Olivier Butez, Pierre Lavalée, Calais, France
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik