France
URL courte
11013
S'abonner

Dimanche, dans une prison française, plusieurs détenus ont refusé de regagner leur cellule pendant des heures. Deux surveillants ont été blessés suite à l'incident. Gabrielle Mouesca, ex-président de l'Observatoire international des prisons (OIP) indique à Sputnik que la recrudescence d'incidents s'explique par une surpopulation dans les prisons.

Dans la prison de la ville de Valence, dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes, des prisonniers ont dérobé un jeu de clé et ont tenté de mettre le feu à un matelas. Deux surveillants ont été légèrement blessés suite à l'incident.

Un acte de mutinerie qui s'expliquerait par un manque d'effectif, selon Matthieu Perez, secrétaire régional du syndicat des surveillants SPS. « Les détenus connaissent les lacunes que nous avons dans la gestion des établissements », a-t-il affirmé. Et ce alors que le gouvernement vient quant à lui d'annoncer la création de 10 000 places supplémentaires en prison.

Gabrielle Mouesca, président de l'Observatoire international des prisons (OIP) de 2004 à 2009, commente cette situation dans un entretien accordé à Sputnik.

« Oui, les chiffres montrent, qu'en comparaison avec la période équivalente de 2015, il y a une augmentation de 33 % des incidents dans les établissements pénitentiaires français. Donc, à l'évidence, il y a un phénomène aujourd'hui de recrudescence d'incidents », a-t-il souligné.

Selon lui, il y a à l'évidence la question de la surpopulation, cependant, ce phénomène est ancien. En outre, la situation s'explique par la lutte contre le terrorisme menée par l'Etat français, ce qui a conduit à l'adoption des lois qui s'appliquent dans les prisons, estime M. Mouesca.

« Aujourd'hui, à l'évidence, la prison est un des lieux, je dirais, de l'actualité de la lutte antiterroriste et, malheureusement, la totalité de la population pénale a d'une façon ou d'une autre à souffrir des conséquences de ce renforcement sécuritaire des établissements pénitentiaires », a noté l'expert.

Répondant à la question de savoir si l'ouverture de nouvelles prisons aidera à résoudre le problème de surpopulation, M. Mouesca a pointé que tous les observateurs s'accordent à dire que c'est une non-solution.

Selon lui, la construction de nouvelles prisons n'a qu'une conséquence qui est celle de remplir ces nouvelles prisons et de se retrouver à nouveau face à une situation de surpopulation.

« On sait que pour s'attaquer réellement au phénomène de surpopulation, il faut appliquer des peines qui ne sont pas la mise en détention. Le code pénal prévoit aujourd'hui, enfin légiférer de façon supplémentaire, des sanctions qui ne sont pas la prison », a fait valoir l'interlocuteur de Sputnik.

Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

Lire aussi:

Des unités de déradicalisation voient le jour dans les prisons françaises
Les prisons privées US contrôlent les centres de détention pour clandestins
En Europe, les prisons favorisent l'islam radical
Les Pays-Bas logent des migrants dans des prisons
Les prisons britanniques sont des "universités du djihadisme"
Tags:
surpeuplement, gardiens de prisons, prisonniers, lutte antiterroriste, prison, Drôme, Valence (Espagne), France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook