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    La France a-t-elle avancé dans la lutte contre le terrorisme? «Non, elle a régressé!»

    © AFP 2018 Kenzo Tribouillard
    France
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    La déradicalisation est remise en question depuis quelques temps, selon certains experts. Malgré cela, le premier centre de déradicalisation tenu par l'État a ouvert ses portes il y a un mois à Beaumont-en-Véron, en France. Dounia Bouzar, anthropologue française, commente à Sputnik les mesures du gouvernement en matière de déradicalisation.

    Dounia Bouzar, anthropologue française, fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam, a renoncé à sa collaboration avec le gouvernement français en février dernier, mais elle continue à suivre toutes les familles qui se sont tournées vers elle et son centre. Elle s'est entretenue avec Sputnik sur sa méthode, ses relations avec le gouvernement français et l'importance de sa lutte.

    Elle se demande notamment pourquoi les centres de déradicalisation créés par le gouvernement sont des centres ouverts et non fermés, puisqu'on demande depuis deux ans des centres fermés pour les jeunes majeurs.

    « J'ai besoin de centres éducatifs fermés avec des éducateurs, pas la prison — ça rigidifie encore plus. Et même quand ils n'ont pas de casier judiciaire, j'ai besoin de centres pour les couper des recruteurs et des groupes d'exaltation. Pourquoi on me dit que les jeunes doivent être volontaires pour aller dans le centre de déradicalisation? Mais vous connaissez un seul radicalisé qui est volontaire pour se déradicaliser? Ça n'existe pas », a déploré Mme Bouzar.

    En outre, elle critique le gouvernement français qui ne veut pas de jeunes ayant un casier. A titre d'exemple, elle cite les 805 jeunes avec lesquels elle travaille et qui ont tous un casier judiciaire, même minime. Ils ont tous au moins quatre contrôles judiciaires par jour. Selon elle, tout suspect radical doit avoir un casier judiciaire.

    En réponse à la question de savoir si le gouvernement français a avancé dans la lutte contre le terrorisme, Mme Bouzar fait valoir, qu'au contraire, il a régressé.

    « Il (le gouvernement, ndlr) a commencé à faire croire aux Français que ce n'était qu'un problème d'émigrés, de double identité, que la déchéance de la nationalité allait régler le problème. Mais il avait les chiffres officiels. Il y a quand-même 40% de convertis dans tous les appels du numéro vert », a conclu la militante française.

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    Tags:
    jeunes, radicalisation, centre, radicalisme, terrorisme, France
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