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    Manifestation de policiers sur le Vieux-Port à Marseille

    Colère policière: faire porter le chapeau à Sarkozy, négliger les vrais problèmes

    © AFP 2019 BORIS HORVAT
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    Mouvement policier en France (automne 2016) (21)
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    Le «plan pour la sécurité publique» annoncé mercredi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour calmer la grogne qui agite la police depuis une dizaine de jours n’a eu qu’un effet partiel. Vendredi soir, les manifestations nocturnes ont repris.

    Or, nombreux sont ceux, surtout parmi les socialistes, qui désignent l'ex-président français Nicolas Sarkozy comme responsable de la situation qui s'est créée. Certes, il a bien supprimé 12 469 postes de policiers et gendarmes pendant son quinquennat. Or, comme le rappelle Jean-Didier Berthault, conseiller de la candidate à la primaire de la droite Nathalie Kosciusko-Morizet, c'est un peu dur de dire que Nicolas Sarkozy est responsable de la situation actuelle.

    « C'est quand même le bilan du président de la République (actuel, ndlr) et du ministre de l'Intérieur. Ils sont au pouvoir depuis quatre ans et demi aujourd'hui. Faire porter la responsabilité sur l'équipe antérieure ce n'est pas très honnête », a-t-il souligné dans un commentaire à Sputnik.
    En évoquant les causes du problème, il a pointé un manque de respect pour la fonction.

    « Il y a une fatigue des forces de polices parce qu'il y a eu cette vague d'attentats et ce niveau Vigipirate renforcé. Il y a les sous-effectifs pour certains sujets, il y a une tension permanente. Ceci aboutit à une fatigue et un sentiment de ne pas avoir les moyens nécessaires et le respect suffisant. La position de Nathalie Kosciusko-Morizet dans les économies budgétaires qu'il faudra faire au niveau de l'État, il faudra sanctuariser les effectifs de polices. On a besoin d'effectifs supplémentaires, de matériel supplémentaire, on a besoin que la police travaille dans des meilleures conditions et on a besoin aussi d'une vraie réponse judiciaire », a argumenté M. Berthault.

    Et de pointer que l'un des facteurs majeurs de la démotivation était le relâchement par la justice des personnes qui ont été appréhendées.

    « Il n'y a pas donc qu'une réponse policière, il y a aussi une réponse judiciaire dans cette crise», a-t-il conclu.

    Le mouvement de protestation qui est parti de l'Essonne lundi dernier a éclaté après une attaque commise dans ce département le 8 octobre. L'attaque a grièvement blessé un des policiers. Depuis, les manifestations policières ont secoué Paris et plusieurs villes de province.

    Afin d'apaiser la grogne, Bernard Cazeneuve a annoncé une série de mesures, dont l'abandon partiel des gardes statiques, le réexamen des conditions de légitime défense, de nouvelles armes et un équipement renforcé. Or, comme l'assurent les policiers eux-mêmes, ces mesures ne règleront guère le problème.

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    Dossier:
    Mouvement policier en France (automne 2016) (21)

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    Tags:
    responsabilité, colère, police, Les Républicains (LR), Bernard Cazeneuve, Nicolas Sarkozy, France
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