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    Jusqu’à six ans de prison ferme pour des fausses victimes des attentats de Paris

    Jusqu’à six ans de prison ferme pour des fausses victimes des attentats de Paris

    © AP Photo / Kamil Zihnioglu
    France
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    Avec le temps, les verdicts de la justice contre les personnes tentant de tirer profit des tragédies en France sont de plus en plus sévères.

    Deux fausses victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, qui ont reçu frauduleusement une indemnisation, ont été condamnées jeudi pour escroquerie aggravée à six et trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes).

    Elles devront aussi rembourser les sommes extorquées.

    Ces parents cannois de deux enfants de six et sept ans avaient prétendu être présents aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, au moment des explosions et ouvert un dossier au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI).

    Ils avaient réussi à obtenir au bout de plusieurs mois 30 000 euros chacun.

    « Les deux étaient bien présents à Antibes le 13 novembre au soir, la téléphonie de madame l'atteste. Les juges antiterroristes de Paris nous ont dit qu'aucun des deux prévenus n'était à Paris », a expliqué le procureur de la République Georges Gutierrez lors de l'audience.

    Après avoir nié les faits durant leur audition par les enquêteurs, les deux habitants de Cannes, au RSA et déjà connus de la justice, ont finalement reconnu avoir menti devant le tribunal, rapporte Reuters.

    Tentant d'expliquer la raison d’une telle démarche, la prévenue a indiqué qu’ils avaient « eu beaucoup de problèmes à la suite de menaces de mort de personnes qui voulaient récupérer de l'argent dû par un ami incarcéré » de son compagnon.

    La somme récoltée leur aurait servi « à faire plaisir à leurs enfants » et à acheter plusieurs véhicules pour l'activité de négociant automobile de l'époux. Pour Me Pierre Andrenai, l'un de leurs avocats, leur escroquerie n'était pas vraiment réfléchie.

    « Ce sont des branquignols, des délinquants de petit niveau. Ce n'est pas en étant en détention qu'ils pourront rembourser », a-t-il dit.

    Le tribunal reconnaît avoir voulu faire une application particulièrement sévère de la loi dans un souci « d’exemplarité pénale ».

    Le 21 novembre 2016, Laura 0uandjli, une jeune femme de 24 ans, a été condamnée à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Versailles. Elle avait également prétendu être une victime des attentats du 13 novembre, disant avoir été blessée par une explosion au Carillon, alors que les terroristes ont attaqué la terrasse du Carillon au fusil d'assaut.

    En juillet dernier, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné une jeune femme de 31 ans à six mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir prétendu avoir été présente au Bataclan le soir du 13 novembre, et réclamé 10 000 euros comme réparation au FGTI.

    L’historique de ces cas montre qu’avec le temps, les juges prononcent des peines de plus en plus lourdes pour ce genre d’escroquerie. Ce qui ne semble pas trop injuste lorsqu’il s’agit de personnes pour qui « chacun gagne sa vie comme il le peut ». Un slogan qui conduit parfois à aller vraiment trop loin. 

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    Tags:
    jugement, fausses victimes, tribunal, attentats du 13 novembre à Paris, Paris, Cannes, France
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