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    A Houdan : le dernier abattoir porcin de l'Ile-de-France

    Abattoir de Houdon: «hit me peggy one more time»

    © capture d'écran: YouTube
    France
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    Gaëlle Nicolle
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    Nouvelle immersion de l’association L214 dans un abattoir. Houdon, dernier abattoir porcin d’Île-de-France, les animaux sont entassés et frappés, sous l’œil des caméras de vidéosurveillance: sont-elles vraiment un rempart contre la maltraitance animale?

    L'année 2016 a été marquée par de nombreux scandales liés aux conditions d'élevage et d'abattage en France. L'association L214, connue pour ses vidéos-chocs, livre de nouvelles images tournées dans l'abattoir de Houdan dans les Yvelines.

    « Ce que l'on voit, ce sont des animaux qui refusent d'aller là où on leur demande, avec un ouvrier désemparé, qui pète les plombs et qui va s'acharner sur les animaux », déplore Brigitte Gothière, porte-parole de L214.

    C'est à coups de pied et de décharges électriques que les employés extraient les porcs de leurs enclos saturés vers le lieu de mise à mort. L'association s'est procuré un rapport des services vétérinaires, établi six mois avant que les images ne soient tournées, où il est relevé « des points de fragilité », « nécessitant la mise à jour du plan de maîtrise de la protection animale ».

    La capacité d'accueil « peut être dépassée », fait savoir le rapport, mais la personne censée contrôler l'établissement n'a pas souhaité interroger les employés et les responsables « pour ne pas les déranger dans leur travail. »

    « Il y a un problème dans l'objectivité des contrôles. […] 80 % des chaînes d'abattage sont jugées avec des non-conformités allant de mineures à majeures. Houdan est dans le haut du panier. Effectivement, on peut se poser des questions sur le rôle des services vétérinaires qui ont détecté des non-conformités dans 80 % des abattoirs, sur des contrôles qui étaient annoncés. […]. On a l'impression que la réglementation qui encadre ce qu'on peut faire subir aux animaux dans les abattoirs, elle est absolument optionnelle. »

    Force est de constater que les infractions perdurent, malgré la présence de vidéos de surveillance. L'abattoir de Houdon, dernier abattoir porcin d'Île-de-France, se targuait pourtant d'être l'un des premiers à s'être équipé de ce système. Dans la plupart des abattoirs français qui ont fait l'objet de contrôle sur la demande de Stphane le Foll, ministre de l'Intérieur, des manquements ont été constatés, que ce soit d'ordre matériel ou structurel, dans la formation du personnel, dans le contrôle des services vétérinaires ou de la direction des abattoirs.

    En janvier, l'Assemblée nationale a voté un texte obligeant les abattoirs à se doter de caméras, de manière expérimentale dès 2018. Une mesure qui touche les postes où les animaux sont encore vivants ou au moment de l'abattage. Une avancée en demi-teinte pour l'association, car si la proposition de loi doit encore être soumise au Sénat, le texte en l'état ne garantit pas un réel contrôle :

    « On n'est pas sur un contrôle tiers, c'est encore les services vétérinaires qui ont comme mission de regarder ces vidéos. C'est déjà eux qui ont la mission du contrôle dans les abattoirs, et on voit bien à travers cette vidéo, qu'ils passaient à côté de cette mission. »

    Le règlement européen stipule que toute souffrance évitable doit être épargnée à l'animal lors de sa mise à mort. Le code rural stipule que toutes les précautions doivent être prises pour épargner à l'animal excitations, douleurs ou souffrances pendant les opérations d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage ou de mise à mort. On attend toujours que ces lois soient appliquées.

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    Tags:
    abattoir, animaux, France
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