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«Made for sharing», le slogan en anglais de la candidature de Paris aux JO de 2024, a provoqué la colère des partisans du français. La polémique s’accentue entre ceux qui veulent être compris par les membres non-francophones du Comité international olympique et ceux qui déplorent le recours à «la langue de Donald Trump».

Paris serait-il « Made for sharing » ? Lorsque, le 3 février dernier, le comité de candidature parisien pour les Jeux olympiques de 2024 a rendu public le slogan officiel face à deux autres candidats, Budapest et Los Angeles, la polémique entre les défenseurs de la formule anglaise et les partisans de la francophonie a pris un nouveau tournant.

Vendredi dernier, deux associations pour la francophonie ont déclaré qu'elles avaient l'intention de porter plainte contre le slogan qui enfreint la loi Toubon de 1994 sur l'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service, indique le journal Libération. Autrement dit, les opposants signalent : vous pouvez utiliser une expression française de même sens !

Le président de l'académie Goncourt Bernard Pivot a dénoncé vendredi sur RTL un tel choix de slogan, en faisant remarquer que faire référence à l'anglais comme une langue de William Shakespeare revenait également à faire référence au président américain Donald Trump. Il semble que les francophones ne fassent pas la sourde oreille à ce genre de reproche acerbe.

Par ailleurs, l'espace médiatique n'est pas le seul à être devenu le théâtre d'une croisade pour la langue française. La polémique a également envahi le Sénat, le 9 février dernier, avec l'intervention du député Les Républicains Jacques Legendre, qui a interpellé le secrétaire d'État aux Sports Thierry Braillard.

« N'aurions-nous pu trouver autre chose que ce slogan publicitaire recyclé, qui a servi à vanter les produits de Quality Street en 1979, de Cadbury ou encore à lancer une pizza burger à découper ? D'autant qu'il est en anglais, alors que le français, suivant la volonté de Pierre de Coubertin, est langue olympique. Dites "Paris est une fête" : tous les Américains vous comprendront », a indiqué le député, cité par Libération.

Cependant, Thierry Braillard mise sur la nécessité de communiquer en anglais : en évoquant le sujet sensible sur RTL, il a déclaré que tout le monde ne comprenait pas le français. La même idée a été reprise par le directeur du comité de campagne, interrogé par l'AFP : il a signalé que le travail consistait à convaincre 95 membres du Comité international olympique venus de 67 pays, aucun Français et 80 % des votants qui ont demandé à ce que les documents soient rédigés en anglais.

Alors que les partisans de la francophonie défendent avec ferveur leur langue, il semble que pour les fonctionnaires, la question soit purement pratique. Mais une Tour Eiffel affublée du slogan anglais lors de la présentation de la candidature parisienne sonnerait sans doute un peu creux.

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Tags:
slogan, Paris, France
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