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    Manifestation contre la corruption des élus

    «Contre la Corruption Des Élus» : Vive le Communisme!

    © AP Photo / Francois Mori
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    La place de la République à Paris est décidément le point de rassemblement favori de certains contestataires. C’est là que s’est tenue une manifestation contre la corruption des élus. Derrière ce mot d’ordre consensuel, le programme est plutôt radical. Rencontre.

    Ils étaient 200 personnes ce week-end à manifester à Paris contre la corruption des élus. Désormais, dans les coulisses de la Place de la République, on prépare déjà pour le 5 mars un nouveau rassemblement « Contre la corruption de nos élus, ensemble avec nos casseroles ». Toulouse, Bordeaux… mais aussi Sens ou Quimper, les manifestations s'organisent également un peu partout en France. Qui sont ces manifestants? Quelles sont leurs revendications et qui visent-ils particulièrement? Ce mouvement est-il un avatar de Nuit debout? Nous sommes allés poser toutes ces questions à Kleber, représentant de la Plateforme 2016, l'un des organisateurs de ces manifestations.

    Comment s'est montée cette manifestation contre la corruption?

    « [Ce sont] à la fois des initiatives éparses d'individus et en même temps des relais de collectifs qui existent déjà. Vous n'êtes pas censés méconnaître ce qui s'est passé l'année dernière avec les Nuits Debout, avec le mouvement contre la Loi Travail. Il y a des réseaux qui sont constitués, des collectifs qui sont constitués à cette occasion, des militants qui se retrouvent régulièrement pour intervenir dans les luttes. [C'est] tout ce réseau qui a été remis en activité à l'occasion de ce scandale — l'affaire Fillon »

    C'est un des reproches que l'on peut entendre au sujet de cette manifestation, que l'on se fait « récupérer » par Nuit Debout…

    « Nuit Débout est un collectif de personnes, de travailleurs, de salariés, de précaires, de chômeurs qui entend de réagir à l'actualité politique. Nuit Débout, c'est pas un programme, ce n'est pas une organisation politique, ce n'est pas un parti, ce n'est pas un syndicat, [c'est] simplement un collectif. Il ne faut pas voir en Nuit Debout ce qu'il n'est pas. Ceux qui sont partis faire la Nuit Debout l'année dernière ne sont pas tout à fait ceux qui participent à la Nuit Debout aujourd'hui. Le collectif Nuit Debout est ouvert à tous ceux qui veulent bien y participer. Si je dois définir Nuit Debout, je le définirais en tant que cadre ouvert d'organisation pour une unité d'action. À côté du collectif Nuit Debout, il y a les collectifs qui se sont constitués à l'occasion du mouvement contre la Loi Travail comme la Plateforme 2016, qui est aussi un relais pour l'appel à la marche de mercredi prochain »

    Quel est l'objectif précis de cette marche? Quelles sont vos revendications?

     « Nous, on veut dégager tous les corrompus. On veut mettre dehors tous les politiciens corrompus qui ne voient que leurs intérêts personnels et ceux de leur petite coterie d'amis oligarques. Au-delà de la corruption de tel ou tel et la corruption y compris matérielle de tel ou tel, on a une corruption idéologique de l'ensemble de notre aristocratie politicienne. On voit bien dans l'affaire Fillon que le programme de Fillon qui était de casser la Sécurité sociale en déremboursant les médicaments, c'est un programme dicté par son ami De Castries, ancien PDG d'Axa. Au-delà de la lutte contre tel ou tel corrompu dans le sens juridique du terme, il s'agit de mettre en accusation tout un système qui s'appuie sur la corruption comme mode de gouvernance et qui s'inscrit dans des rapports d'exploitation. Tant qu'il y a des très riches, il est évident que ce système de corruption va se perpétuer »

    Ce mouvement est dirigé contre les scandales qui éclaboussent François Fillon et Marine Le Pen. Mais les corrompus de gauche sont-ils aussi visés? Vous dites: tous les corrompus. Il y a du travail…

    « Il y a beaucoup de travail. À l'Assemblée populaire de dimanche dernier, beaucoup d'intervenants ont parlé de nouvelle révolution. Ils ont mis en cause la démocratie représentative. Ils ont mis en cause la hiérarchie capitaliste. Il a été question d'imposer une révocabilité des élus. Il a été question de mandat impératif. Il a été question d'une démocratie directe par opposition à cette démocratie représentative, qui finalement n'est qu'une dictature déguisée, celle des oligarques capitalistes qui s'appuient sur toute une bourgeoisie privilégiée de 3-4 % de la population »

    Est-ce que le mouvement peut aller jusqu'à présenter un candidat pour porter ses revendications en tant que président de la République?

    « Pour l'instant ce n'est pas la question, absolument pas l'esprit du mouvement, qui en est encore à ses balbutiements, on n'en est qu'au premier rassemblement place de la République. C'est très significatif, ça présage des suites d'une mobilisation plus large, je pense. En tout cas, l'esprit de ceux qui participent aujourd'hui c'est plutôt de dire: cette constitution de la Ve République, cette manière de gouverner, justement avec un président et puis des ministres nommés et puis des députés qui ne sont responsables que vis-à-vis d'eux-mêmes pendant toutes les années de leur mandat, cette Constitution, cette institution, cette démocratie-là, on n'en veut plus.

    On veut des élus délégués qui ont un mandat clair, impératif, on veut pouvoir révoquer nos élus. Je ne sais pas si on veut encore d'un président. On peut imaginer autre chose qu'un système dominé par un président qui est à la fois chef du gouvernement, chef des armées. Il y a d'autres modèles. En Russie, on peut se souvenir de l'organisation des Soviets, qui est encore vive chez une partie de la population. Je pense qu'on pourrait regarder par là pour nous inspirer dans le futur. »

    C'est une sorte de communisme revisité…

    « Si le communisme, c'est l'égalité sociale et la participation du plus grand nombre à la gestion de la vie économique, oui, Vive le communisme! »

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    Tags:
    corruption, manifestation, Nuit Debout, Paris, France
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