Nicolas Dupont-Aignan menace d’attaquer TF1

© AP Photo / Thomas Samson, PoolGaullist candidate for the 2012 French presidential election, Nicolas Dupont-Aignan takes part in the TV broadcast show "Des paroles et des actes" on a French TV channel. (File)
Gaullist candidate for the 2012 French presidential election, Nicolas Dupont-Aignan takes part in the TV broadcast show Des paroles et des actes on a French TV channel. (File) - Sputnik Afrique
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L’annonce d’un débat organisé sur TF1 entre cinq candidats à la présidentielle, dont il ne fait pas partie, fait bouillir Nicolas Dupont Aignan. Il entend attaquer en référé la chaîne si le CSA n’intervient pas et évoque un possible conflit d’intérêt au sein de la direction de TF1.

Nicolas Dupont-Aignan (C), et les membres de son équipe, Anne Boissel et Olivier Clodong. Archive photo - Sputnik Afrique
Nicolas Dupont-Aignan: une realpolitik à la française
Après avoir écrit au CSA et appelé au boycott de TF1, Nicolas Dupont Aignan entend attaquer la chaine privée en référé si l'autorité française de régulation de l'audiovisuel ne la rappelle pas à l'ordre. Invité de Franceinfo ce matin, le candidat de Debout la France (DLF) de décolère pas contre la chaîne qui a décidé de n'inviter que les candidats crédités d'au moins 10 % d'intention de vote par les sondages et il ne mâche pas ses mots: « La décision de TF1 est profondément choquante, elle ne respecte d'ailleurs même pas la loi. »

Le député souverainiste de l'Essonne en appelle à considérer les résultats électoraux plutôt que les prévisions des sondages, qui n'ont pas manqué de se tromper ces derniers mois, qu'il s'agisse du Brexit, de l'élection de Trump où même des primaires de la droite et du centre ou de son pendant socialiste : personne ne donnait gagnant François Fillon avec 8 % d'intention de vote (sondage TNS Sofrès, juin 2016) ou encore Benoit Hamon et ses 2 % (BVA, juillet 2016).

Nicolas Dupont-Aignan souligne notamment que son parti a été crédité « d'autant de voix » que le Front de Gauche de Jean Luc Mélenchon lors des dernière élections, les régionales de décembre 2015. Une sortie, qui n'a pas manqué de faire réagir son hôte, Jean-Michel Apathie, visiblement dubitatif de la bonne fois du candidat gaulliste et qui tente de relativiser : « en région parisienne? »

Nicolas Dupont-Aignan - Sputnik Afrique
Dupont-Aignan : «Fillon est un honnête homme qui propose de mauvaises solutions»
Une allusion au score de Nicolas Dupont Aignan, tête de liste en région parisienne, qui avait obtenu 6,57 % des voix, talonnant Pierre Laurent du FdG et ses 6,63 %, soit tout juste 1 663 voix d'écart. Pourtant à l'échelle nationale, le résultat est tout autre et donne raison à Nicolas Dupont-Aignan qui a engrangé non pas « autant », mais plus de voix que le Front de Gauche: 827 221 contre 543 935, soit 3,81 % des suffrages contre 2,51 %. Mais c'est pourtant le candidat du Front de Gauche qui a été convié par la première chaine privée à débattre le 20 mars prochain, face à Marine le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

« C'est un problème démocratique fondamental : est-ce que c'est à une grande chaîne de télévision de sélectionner les candidats, alors que c'est au Conseil constitutionnel de les sélectionner et c'est aux français de choisir après ? »

Cinq convives auxquels Nicolas Dupont Aignan annonce avoir adressé une lettre où il les invite « expressément à ne participer à l'évènement que lorsque TF1 organisera un vrai débat démocratique », les appelant à joindre « l'acte à la parole ». Le député évoque alors le soutien que lui aurait exprimé Benoît Hamon, Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Nous avons demandé à Laurent Jacobelli, directeur de campagne de Nicolas Dupont Aignan et Secrétaire général adjoint de Debout la France ce qu'il attendait de cette lettre, sa réponse est sans ambiguïté :

« Ils se sont prononcés pour une égalité de traitement de tous les candidats, on espère qu'ils mettront tout en place pour que cela se fasse et qu'ils refuseront, si jamais tous les candidats validés par le Conseil constitutionnel, c'est-à-dire ceux qui ont eu leur 500 signatures, ne pouvaient pas s'exprimer. »

Pour notre intervenant, TF1 ne tire pas les leçons du passé, « ils sont dans une logique anti-démocratique et c'est notre devoir de citoyen de lutter par tous les moyens contre ce viol de la démocratie », rappelant lui aussi les revers subis par les médias aux États-Unis, en Grande-Bretagne ainsi qu'en France :

« Ce qui est en train de se passer est complètement inédit dans l'histoire de la Vème république : une chaîne de télévision se substitue aux électeurs pour savoir qui a une chance ou non d'être président de la République. »

TF1 - Sputnik Afrique
Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire
Du côté des médias, le ton semble bien plus mesuré à l'égard de leurs homologues de la chaîne privée. Ce matin Jean-Michel Aphatie prenait fait et cause pour TF1 en taclant Nicolas Dupont Aignant : « En 2012 vous avez fait […] 1,79 %, [aux dernières présidentielles, ndlr], donc il y a peu de chances qu'en 2017 vous creviez le plafond ». il disait de plus comprendre l'argument de la Directrice Générale adjointe de l'Information de TF1, Catherine Nay, lorsqu'elle déclarait au micro d'Europe 1 qu'on ne peut pas mettre « 8, 9, 10, 11 ou plus candidats sur un même plateau » afin de garder un débat clair et intéressant pour les Français. Un argumentaire « ridicule » estime Laurent Jacobelli :

« Justement, le débat des primaires a montré qu'on pouvait avoir sept personnes sur le même plateau, avoir un débat clair et qui en plus intéressait les français puisque les résultats d'audience étaient là. »

D'autant plus que France Télévision a pour sa part annoncé qu'elle organiserait un débat où seraient justement conviés tous les candidats officialisés par le CSA « TF1 qui clame être la première chaîne d'Europe, qui clame d'être la plus innovante, la plus forte, ne serait-elle pas capable de faire ce que fait le service public ? » feint de s'étonner Laurent Jacobelli. Tout comme Nicolas Dupont-Aignan au micro de FranceInfo, le cadre de DLF évoque un possible conflit d'intérêt à la direction de la chaîne :

« J'espère qu'il n'y a aucun lien entre cette décision et le fait que la responsable de la communication de François Fillon soit aussi la responsable de la communication du président de TF1 et du groupe Bouygues… parce que si TF1 voulait s'arranger pour que François Fillon soit le seul candidat de droite sur le plateau, là ce serait vraiment très grave, je ne peux même pas l'imaginer ! »

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