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Les défections se multiplient dans l’équipe de Fillon après son maintien dans la course à l’Élysée, tandis que frondeurs et réformistes se déchirent au PS. Jérôme Dubus, élu LR récemment rallié à Macron, analyse la décomposition des deux principaux partis de gouvernement.

Les deux plus gros partis politiques sont-ils en train d'imploser sous nos yeux? C'est en tout cas ce qu'estime Jérôme Dubus, élu du XVIIe, conseiller de Paris, qui vient de quitter le navire Fillon pour… Emmanuel Macron.

« Le PS est en coma avancé, et Les Républicains risquent de suivre le même chemin. L'élection présidentielle, c'est l'élection qui recompose et qui permet de balayer toutes les lignes. Ça s'est fait dans d'autres pays. C'est en train de se faire en France. »

Et de fait, l'hémorragie tant redoutée à gauche est en train de se produire à droite. François Fillon a annoncé son maintien la course à l'Élysée malgré sa malgré sa convocation chez les juges le 15 mars dans le cadre de l'affaire des emplois présumés fictifs et sa possible mise en examen. Une annonce qui alimente un peu plus la division chez les Républicains avec de défections qui se multiplient: démission des membres juppéistes ou sarkozystes de son équipe de campagne, centristes de l'UDI qui suspendent leur soutien, mais également Bruno le Maire, représentant de François Fillon pour les questions internationales qui « croit au respect de la parole donnée, indispensable à la crédibilité de la politique » et qui annonce son retrait… et la liste s'allonge. Encore un peu plus lâché par sa famille politique, Thierry Solère, organisateur de la primaire, vient de ‘mettre fin à [ses] fonctions de porte-parole de François Fillon'.

« Il a perdu en crédibilité, il s'est fragilisé, il n'est plus audible. On ne peut pas faire campagne et se défendre », explique Jérôme Dubus. François Fillon n'a « aucune chance de gagner maintenant » et continuer à le soutenir est « hypocrite ».

Une recomposition qui s'opère pour l'instant au bénéfice du candidat d'En Marche!, malgré son refus d'être l'issue de secours des mécontents de tous bords. La demande de reporter l'élection présidentielle formulée par le député Pierre Lellouche n'est, pour Jérôme Dubus, qu'un gain de temps:

« C'est un contre-feu, pour essayer de ne pas choisir. On ne peut pas rester à l'abri, sans rien dire et avec un choix à faire en avril. C'est un peu facile. Et ça n'a aucune chance d'aboutir. »

Malgré les défections qui se multiplient chez les Républicains, Jérôme Dubus refuse de parler de fracture idéologique:

« Comme souvent à droite, ce n'est pas un problème de personne. Durant la primaire, les programmes présentés n'étaient pas si éloignés que ça. C'est un problème de personnalité et de capacité à faire porter un message, qui visiblement ne passe plus. »

Côté PS, la défiance vis-à-vis du vainqueur de la primaire, Benoît Hamon va croissante. Isolé par un « discours extrêmement radical », mortifié par l'accord passé avec les Verts, Hamon n'en finit pas de se mettre une partie de sa formation politique à dos. Face la perspective repoussante d'un face à face Fillon-Le Pen, l'ex-Premier ministre Manuel Valls est sorti de son silence, exprimant ses doutes sur la « crédibilité » de Hamon, alors qu'il avait enjoint ses soutiens à rester « ensemble » et à ne pas aller « ailleurs ».

Une déclaration qui intervient après le nouveau coup de bec bien senti de l'aile droite du PS à l'encontre du « saboteur » du quinquennat, Benoît Hamon. Les « réformateurs », qui avaient déjà évoqué un « droit de retrait » après sa victoire de janvier et évoqué un ralliement à Macron, n'ont pas digéré l'accord avec les Verts et convoquent désormais un conseil national, fustigeant une ligne politique pourtant validée par près de 60 % des 2 millions d'électeurs à la primaire de la gauche. Tiraillés entre le vote légitime et vote utile, une grande majorité des ministres s'interdit pour l'instant tout soutien officiel au candidat d'En marche! mais n'en pense pas moins.

« Pour le PS, c'est une vraie fracture idéologique: la gauche du PS n'a pas fait sa révolution idéologique. Il est sur un vieux schéma, on l'a bien vu avec les frondeurs et la candidature de Benoît Hamon. Et il y a toute une partie, la gauche du gouvernement, qui souhaite, je pense, avancer maintenant avec Emmanuel Macron. »

La recomposition des groupes politiques présage-t-elle la fin du système bipartite de la Ve République? Geneviève Gaillard, députée socialiste de la 1ere circonscription, dans une interview à La Nouvelle République, déclare avec calme: « Je ne serais pas forcément malheureuse si le PS éclatait. Il est difficile de continuer avec les mêmes antagonismes que jusqu'à maintenant, de continuer dans la durée à concilier l'inconciliable ». Au stade où nous en sommes, pour l'élue, la meilleure solution « serait peut-être que chacun suive son chemin ». De son côté, Jérôme Dubus, voit au-delà de la présidentielle et estime que les législatives seront l'occasion pour certains de réaliser enfin leurs rêves électoraux:

« À l'occasion des législatives, il est évident qu'on va vers une recomposition politique. C'est l'occasion, au moment de la présidentielle et des législatives, de permettre une recomposition. Au sein des Républicains, des gens pensent strictement la même chose, mais ne sont pas d'accord sur des problèmes de personnes. Certains pensent que le programme d'Emmanuel Macron est bon, et franchiront le pas au moment des législatives. ».

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partis politiques, Présidentielle française 2017, Parti socialiste français (PS), Jérôme Dubus, Emmanuel Macron, François Fillon, France
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