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    Emmanuel Macron

    Emmanuel Macron, rassembleur ou séducteur tous azimuts?

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    Présidentielle 2017 en France (204)
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    Alignement des planètes ou simples calculs politiques? Pourquoi la candidature d’Emmanuel Macron pousse-t-elle les députés socialistes à lâcher le vainqueur de la primaire, Benoît Hamon? Jean-Marie Bockel, ancien membre du PS et sénateur du Haut-Rhin, commente la stratégie du chef d'En Marche! pour grignoter des électeurs à gauche comme à droite.

    Certains en parlent ouvertement, comme Bertrand Delanoë, d'autres un peu moins, comme Jean-Yves Le Drian… Et pourtant le fait est incontestable: les uns après les autres, les poids lourds du PS filent chez Macron. Est-ce le mérite du candidat d'En Marche? Certes, la candidature de l'ancien ministre de l'Économie avait un écho dès le début de la course présidentielle, affirme Jean-Marie Bockel, ancien membre du PS et sénateur du Haut-Rhin, mais c'est après la primaire de gauche que cette série de défections a commencé. Ce député qui a quitté le PS et a été nommé secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie dans le gouvernement Fillon fait aujourd'hui partie de l'UDI, mais il a milité pendant dix ans « sans grand succès », comme il l'avoue, pour la modernisation du Parti socialiste.

    « J'ai le sentiment que tout le monde savait dès le début que cette primaire socialiste serait somme toute assez limitée puisque d'emblée un certain nombre de responsables ne se sont pas engagés dans ces primaires », affirme-t-il à Sputnik, tout en précisant qu'étant membre de l'Union centriste, il observe la situation de l'extérieur.

    M. Bockel rappelle qu'un certain nombre de responsables réformistes ont soutenu l'ancien premier ministre Manuel Valls pendant la primaire, et après son échec ont filé chez Emmanuel Macron, ne voyant pas de « possibilité de rendre compatibles leur projets réformateurs avec la ligne très à gauche de Benoît Hamon ».

    Cette fuite des socialistes vers le camp d'En Marche ne semble pas devoir se tarir, estime le sénateur du Haut-Rhin. L'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ont décidé de soutenir Emmanuel Macron. Mais si l'opinion du premier « n'entraînera pas forcement beaucoup de monde », le ralliement attendu du ministre de la Défense, « considéré comme étant le meilleur ministre de toute la période Hollande, peut avoir un certain impact ».

    « En additionnant les uns et les autres, ils peuvent avoir un impact que je ne peux pas encore mesurer. Mais il en aura un c'est sûr », estime Jean-Marie Bockel.

    Interrogé sur le risque d'obtenir un nouveau gouvernement Hollande, en cas de possible élection d'Emmanuel Macron, le sénateur du Haut-Rhin observe tout de même que ce n'est pas uniquement la gauche qui vient rejoindre son camp.

    « Il y a chez Macron des gens qui viennent de la droite et aussi ceux qui y étaient dès le début », poursuit-il.

    D'autant plus que l'ancien ministre de l'Économie ne perd pas l'espoir de conquérir de nouveaux soutiens de la droite, selon l'interlocuteur de Sputnik.

    « Je pense qu'il espère engranger un certain nombre de personnes », estime l'homme politique, tout en qualifiant d' « habile » le récent discours d'Emmanuel Macron à Bordeaux adressé aux juppéistes.

    « Aujourd'hui, on est dans une certaine confusion », estime le député. Mais comme François Fillon « commence à conforter peu à peu sa place dans les sondages », rien n'est encore joué. « La droite ne veut pas se faire voler cette élection », estime-t-il avant d'ajouter:

    « Je parie qu'on aura une bataille très serrée pour la qualification au deuxième tour. »

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    élection présidentielle, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, France
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