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    Revoir la relation franco-russe, le consensus des candidats à la Presidentielle

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    Présidentielle 2017 en France (193)
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    Les relations France-Russie, l’attitude envers Poutine et le statut de la Crimée, autant de thèmes abordés par les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle lors du débat organisé hier soir sur TF1. Les candidats français ont tenu des discours sur la Russie allant souvent à l’encontre de la ligne politique actuelle de leur pays.

    François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron se sont affrontés hier soir dans un premier débat musclé sur TF1. Malgré leurs différences, les candidats à l'élection présidentielle ont pourtant prôné presque les mêmes idées sur le cap des relations avec la Russie.

    Selon Jean-Luc Mélenchon, la résolution de la question des frontières est primordiale afin d'assurer la sécurité en Europe. Il a notamment rappelé que la Crimée avait été offerte à l'Ukraine par Nikita Khrouchtchev et que Vladimir Poutine l'a tout simplement fait revenir à la Russie. Le candidat de La France insoumise s'est ainsi demandé pourquoi la décision de M. Khrouchtchev devrait prévaloir sur celle de M. Poutine.

    « La frontière entre la Russie et l'Ukraine est-elle à la fin de la Crimée ou avant? Qu'est-ce qu'on applique? La décision du bureau politique de Nikita Khrouchtchev ou bien est-ce qu'on accepte ce qu'a décidé Poutine? »

    Mélenchon a aussi insisté sur la nécessité d'ouvrir l'esprit pour voir plus loin que « les problèmes entre Russes et Ukrainiens » et a appelé à « négocier les frontières, pas la guerre ».

    « Ça ne sert à rien de se montrer armés jusqu'aux dents en face des Russes », a exhorté Jean-Luc Mélenchon.

    François Fillon, quant à lui, a reconnu que la question débattue des frontières « devait être posée au regard du droit international et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », comme cela a été d'ailleurs le cas des Criméens ayant voté pour le rattachement à la Russie. Le candidat LR a en outre reconnu que l'Europe n'était pas elle-même innocente quant à la modification des frontières de certains États.

    « Nous-mêmes, nous avons modifié des frontières, le Kosovo par exemple, parce que nous sommes des Occidentaux nous pensons que nous pouvons tout faire, envahir l'Irak, régler l'ordre dans toute une partie du monde. »

    L'ancien Premier ministre a également souligné la décision de François Hollande d'avoir laissé à la Russie « la liberté d'action » en Syrie, la politique française contre Daech ayant échoué.

    « La politique française contre l'État islamique est un échec. Nous avons laissé la liberté d'action à la Russie et à l'Iran, alors que nous aurions pu mener cette lutte avec ces nations. On ne peut pas intervenir partout. On n'est jamais intervenu autant que sous le mandat de François Hollande. »

    Pour Benoît Hamon, qui préconise le respect de la légalité internationale, la question des frontières est aussi « la plus sensible qui soit ». Cependant, en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, il a jugé le rattachement de la Crimée à la Russie inacceptable.

    Pour sa part, Marine Le Pen a applaudi le « talent fou » d'Emmanuel Macron et sa capacité à tenir de longs discours « sans avoir rien dit », celui-ci accusant la responsable du Front national de « pactiser avec Poutine ».

    « Vous avez un talent fou, vous arrivez à parler sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n'avez rien dit, c'est le vide absolu, sidéral », a rétorqué Marine Le Pen en réponse aux accusations de l'ex-banquier d'affaires de Rothschild.

    « Je voudrais que les Français s'attachent à vérifier qu'à chaque fois que vous prenez la parole (…), on ne sait pas ce que vous voulez et honnêtement c'est très inquiétant », a lancé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, chouchou de BFMTV, qui lui a attribué le titre de candidat le plus convaincant lors du premier débat télévisé, avec 29 %, devant Jean-Luc Mélenchon (20 %), puis François Fillon et Marine Le Pen, à égalité avec 19 %.

    L'avenir de la France va se jouer dans les mois à venir. Mais aussi différents soient-ils, les principaux candidats à l'élection présidentielle arrivent pourtant à tomber d'accord sur la nécessité de revoir la position du pays à l'égard de la Russie.

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    Tags:
    débats télévisés, Présidentielle française 2017, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Vladimir Poutine, France, Russie
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