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    En France, la majorité des magistrats «sont politisés de gauche»

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    La rapidité avec laquelle la réputation d'une personnalité publique se voit ruinée suite à des fuites à la presse ne peut qu'étonner. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que la présomption d'innocence est devenue vain mot. La justice a été instrumentalisée à des fins politiques, assure dans un commentaire à Sputnik Me Anthony Bem.

    Le Parquet national financier (PNF) s'est saisi en une heure de l'affaire Fillon sur la base d'un article du Canard enchaîné, multipliant des actions qui se sont immédiatement retrouvées dans la presse. La présomption d'innocence n'a même pas eu le temps d'être considérée en tant que telle, la réputation de Fillon a aussitôt volé en éclats.

    « La procédure a été extraordinairement rapide. Elle ne l'est que très rarement aussi vite. La justice a été instrumentalisée à des fins politiques. La conséquence de la mise en œuvre de toutes ces démarches et toutes ces fuites ont été désastreuses sur le plan politique pour Fillon », constate dans un commentaire à Sputnik Anthony Bem, avocat spécialiste du droit à l'image.

    L'affaire est sortie juste au moment des élections et est politiquement motivée, confirme l'interlocuteur de l'agence.

    « Les magistrats d'une très grande majorité en France sont politisés de gauche. Il y a des intérêts politiques, croire qu'il y a une séparation totale entre le judiciaire, le législatif et l'exécutif — c'est de façade. En pratique, les gens se parlent, se côtoient, se connaissent. On rend service, si ce n'est pas à une personne, c'est à une cause. C'est toujours dans un but bien précis qui n'est pas forcément celui de la justice », argumente-t-il.

    Violation du secret à l'instruction

    Outre M. Fillon, c'est Marine Le Pen qui s'est retrouvée dans le collimateur de la presse. D'ailleurs, mercredi, cette dernière a annoncé son intention de porter plainte contre le journal Le Monde pour avoir publié des documents saisis par les enquêteurs dans le cadre de l'affaire de ses assistants parlementaires. Est-il possible de mettre un terme aux divulgations de la presse, violant le secret de l'instruction ? Il ne doit pas y avoir de fuites, puisque la confidentialité est prévue par la loi, souligne Me Anthony Bem.

    « Le secret de l'instruction est protégé par le droit puisque c'est le principe qui est prévu par le code de procédure pénale. Magistrats, greffiers, policiers, gendarmes, experts, avocats sont tenus de garder le secret professionnel sur toutes les informations et les éléments d'enquête de l'instruction en cours. […] Toutefois, les journalistes ne sont pas tenus de révéler leurs sources. Donc, on a une contradiction des principes entre un secret de l'enquête et un secret de journalistes qui est un secret légal », explique-t-il.

    La conséquence de la violation du secret professionnel par le journaliste, c'est la violation du secret de l'instruction d'une part et d'autre part de la présomption d'innocence qui est attachée à chaque personne tant qu'elle n'a pas été jugée coupable par une juridiction pénale, rappelle l'interlocuteur de l'agence.

    Or, « les journalistes ne sont pas auteurs d'une violation de secret professionnel sur le plan juridique. Ils sont auteurs de recel de violation du secret professionnel. C'est-à-dire, ils utilisent l'information qui elle-même est une faute », a-t-il conclu.

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    Tags:
    loi, fuites, secret, presse, magistrat, justice, Marine Le Pen, François Fillon, France
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