France
URL courte
26225
S'abonner

Un vent d’agression a soufflé sur le Palais de justice de Paris où une foule d'activistes antifascistes a fait preuve de violences alors que le procureur prononçait son réquisitoire dans l’affaire de Valmy. Sputnik s’est chargé de démêler l’écheveau de ce «théâtre des manifestations» qui se propage un peu partout dans l’Hexagone.

Une ambiance électrique a régné durant au moins une des audiences du procès de la voiture de police incendiée sur le quai de Valmy le 18 mai 2016. Les nombreux gendarmes et journalistes présents se sont heurtés à des militants d'extrême-gauche en colère qui hurlaient «Tout le monde déteste la justice!».

Parmi ceux qui protestaient contre les violences policières, certains insistaient sur le fait que les personnes assises sur le banc des accusés n'avaient rien à voir avec le véhicule brûlé. D'autres affirmaient que tout ce procès n'était qu'une manipulation politique ayant pour but de faire peur aux manifestants.

Un des avocats de la défense s'inquiète en outre d'une «manipulation politique» de l'affaire. «On a affaire à un groupe spontané, volatile et éphémère. Un groupement incontrôlable et imprévisible». C'est ainsi qu'au cours du procès les fauteurs de troubles ont été décrits par le procureur, dont les propos sont ici rapportés par la chroniqueuse judiciaire Marie Barbier.

​Sur les images de l'incident filmées par des journalistes en mai 2016, on voit un jeune homme aider une femme en uniforme à sortir de son véhicule quelques secondes seulement avant qu'il ne s'embrase. Cette vidéo est une des principales preuve à charge dans le dossier de l'affaire de Valmy.

Des jeunes gens cachant leurs visages aux caméras sont venus soutenir les prévenus. Le procureur a requis une peine de huit ans de prison ferme contre Joachim L., d'origine suisse, soi-disant protagoniste de l'incident — c'est lui qui est accusé d'avoir jeté l'objet incendiaire dans la voiture de police. De trois à cinq ans de prison ferme ont été requis contre les neuf autres prévenus.

Plusieurs centaines de personnes venues soutenir les dix accusés attendaient dans la salle des pas perdus. Les gendarmes en faction ont dû contenir cette foule agressive. Les journalistes n'ont pas été épargnés: ils ont été pris pour cible par des hooligans rassemblés devant la cour.

​A la sortie de la salle d'audience, Me Antoine Vey, l'avocat de l'un des prévenus, Nicolas F. un ingénieur de 40 ans, explique aux journalistes que son client ne voulait pas recourir à la force, sans pour autant donner d'arguments de poids en faveur de son innocence.

«C'était une époque du quinquennat de M.Hollande dans laquelle il y avait de vives tensions, qui avaient été générées par une contestation démocratique d'abord et puis qui a vite débordé parce qu'il y a eu des violences policières», a affirmé Me Vey avant d'évoquer le rôle de son client dans le rassemblement. «Il ne venait pas là pour se battre. Il n'avait pas d'armes avec lui, il venait là pour manifester.»

«Et puis, malheureusement, c'est un message qu'il veut adresser — il y a des débordements dans les manifestations. Ces débordements, il les regrette, et c'est ce qu'il est venu dire aujourd'hui au tribunal», a-t-il poursuivi. «Il n'est pas un violent, il n'est pas un casseur. Il explique ce mouvement de colère par un moment irrationnelle. Il a beaucoup fait pour essayer d'expliquer ça et encore une fois il tenait aujourd'hui à présenter ses excuses aux fonctionnaires de police.»

À maintes reprises, les agents de police ont eux-mêmes manifesté pour dénoncer leurs conditions de travail insupportables dans le contexte de l'état d'urgence instauré après les attentats de 13 novembre 2015 et prolongé depuis. En outre, la voiture de police a été incendiée précisément au cours d'un contre-rassemblement, en réponse à une manifestation de policiers.

Ces gens en noir ont manifesté «au spontané, d'une manière irrégulière, illégale», a raconté Loïc Lecouplier, secrétaire du syndicat policier Alliance, dans un entretien à Sputnik. «Au cours de leur cortège, ils sont tombés sur un véhicule de police isolé. Ils s'en sont pris à deux policiers avec la sauvagerie que nous connaissons tous.»

Selon lui, la police est l'«adversaire par définition» de ces «professionnels de la violence»:

«Ces mouvements avaient un petit peu disparu du paysage des manifestations, mais maintenant depuis quelques années ces mouvements reviennent en force. Ce sont des mouvements extrêmes qui prennent la violence comme moyen politique d'aboutir à un idéal», a-t-il expliqué.

«Personnellement, nous pensons que ce sont des peines malgré tout, même si elles peuvent sembler lourdes comme ça, je pense qu'on perd de vue qu'ils sont des gens convaincus de leurs actions et que, malheureusement, ces peines-là ne vont pas les calmer. Je pense que nous reverrons très rapidement sur le théâtre des manifestations. Nous attendrons les peines définitives mais personnellement nous savons qu'entre les réquisitions du procureur et le jugement définitif, ça descend, les peines effectives descendent. Ça va être déjà diminué. Donc je pense qu'effectivement ça va être très loin d'une peine exemplaire que nous avons attendue», a déploré M.Lecouplier.

Le verdict a été mis en délibéré au 11 octobre. Si les accusés sont reconnus coupables, les manifestants promettent une vague encore plus forte d'atrocités.

Après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, des heurts violents entre manifestants et forces de l'ordre continuent de se produire. Le degré de violences entre la foule agressive et les forces de police ne fait qu'augmenter: cocktails Molotov, balles en caoutchouc, gaz lacrymogène et atrocités caractérisent toutes les grandes manifestations. La police a à plusieurs reprises recouru à la force à l'égard des manifestants, tout comme des journalistes qui couvraient les événements.

Le procès de Valmy est l'épisode final d'une histoire qui a commencé en mai 2016 lorsque, sur le quai de Valmy, un groupe de manifestants cagoulés en noir a mis le feu à un véhicule de police dans lequel se trouvaient des agents. Précisément, l'attaque a eu lieu le 18 mai place de la République où se déroulaient à la fois une action des syndicats de policer, baptisée la «haine antiflics», et un contre-rassemblement non autorisé. Les participants à la seconde manifestation, organisée par le mouvement Urgence notre police assassine, étaient alors descendus dans les rues pour attirer l'attention sur les violences commises par les forces de l'ordre.

Lire aussi:

Après le Covid, le chaos social? Le FMI s'inquiète pour la France
Nouveau rebondissement dans l'affaire Elisa Pilarski tuée par des chiens
Sanofi a commis une «erreur de débutant» en fabriquant son vaccin: une virologue étrille le géant français
Tags:
violences policières, extrême-gauche, antifascism, violences, police, Valmy, Paris, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook