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    Bonnes fêtes: 2e plan de départs «volontaires» après le vote de la nouvelle loi travail

    © AFP 2018 ERIC PIERMONT
    France
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    Oxana Bobrovitch
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    La nouvelle loi Travail adoptée en juillet dernier a ouvert les portes en grand aux réductions d’effectifs «volontaires». Après Pimkie, c’est PSA qui veut supprimer des postes grâce à aux fameuses ordonnances, qui autorisent la procédure dite de «rupture conventionnelle collective» (RCC).

    Soldes de fin d'année: deux plans de départs volontaires pour le prix d'un! Les ouvriers de PSA, tout comme les salariés de la chaîne de magasins de prêt-à-porter Pimkie il y a quelques jours, sont plongés dans l'incertitude quant à leur emploi. Et c'est la conséquence directe et (assez) immédiate de l'adoption des ordonnances de la nouvelle Loi Travail…

    On se rappelle bien qu'en septembre dernier, les syndicats avaient déjà tiré la sonnette d'alarme à propos de ces textes, qui représentaient selon eux la porte ouverte sur tous les abus et des atteintes aux droits des travailleurs. Ils n'ont pas été entendus et le résultat ne s'est pas fait attendre: dans le cas des entreprises citées, l'administration s'apprête à lancer des plans de départ volontaires autonomes. Avant l'adoption de la nouvelle loi, les séparations à l'amiable entre employé et employeur n'étaient conclues qu'individuellement, c'est maintenant en groupe qu'elles sont négociées. Et même si l'accord prévoit le niveau d'indemnités de tous les salariés volontaires et si ces «séparations» donnent droit aux indemnités chômage, ces ruptures conventionnelles collectives (RCC), ressemble bien à une forme de plan social qui refuse de dire son nom.

    «Vous avez changé. Nous aussi. Et comme nous savons que vous aimez être surprises, nous vous faisons une promesse: Pimkie, "Surprise Me".
    Le slogan de la chaîne de magasins a pris un tout autre sens pour ses salariés fin décembre. Tous, puisque malgré le chiffre officieux de 200 suppressions de postes en France qui circule, personne parmi les 1.900 salariés du groupe ne sait qui sera choisi. Ce suspens dure depuis l'annonce faite par l'administration le 19 décembre dernier et va durer encore jusqu'à la présentation du projet en Comité central d'entreprise le 8 janvier. On imagine la période des fêtes pour les employés…

    À croire que tout le patronat s'est entendu sur la date, parce Le Parisien explique également "que PSA veut tirer profit du nouveau Code du travail pour réduire ses effectifs". Le constructeur automobile a lui aussi choisi le 19 décembre —quelques jours avant Noël- pour proposer à ses syndicats un projet de suppressions de postes via la procédure de RCC. Là, également, l'administration est entrée en négociation avec les syndicats pour obtenir de leur part un accord majoritaire. D'où une réunion, prévue le 9 janvier, confirmée par la direction de PSA et les syndicats eux-mêmes, attendue et crainte par les employés.

    Il est normal que les internautes n'aient pas attendu pour réagir à cette nouvelle

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    ​Ces annonces vont de pair avec celle sur le contrôle renforcé des chômeurs, partagée par le Canard enchaîné. D'après l'information relayée par les médias, la note demandant ce "renforcement" est rédigée par Antoine Foucher, directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et ancien cadre du MEDEF. Mais n'oublions pas qu'en novembre, une enquête de Pôle Emploi révélait que 86% des chômeurs recherchaient activement un emploi.

    Sans verser dans la critique facile d'Emmanuel Macron, "Président des riches", force est de constater qu'apparaît une vague de "départs volontaires" légaux… qui vont laisser sur la rive des chômeurs plus sévèrement contrôlés par l'État. Qui bénéficie de cette situation? Pourquoi durcir le contrôle de chômeurs qui s'essoufflent déjà à trouver un emploi? Comment chercher un poste si les portes se ferment derrière eux? Des questions sans réponse pour l'instant…

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    Tags:
    loi Travail, employés, chômage, PSA, France
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