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    Paul Piccarreta: écolos «tartuffe» ou «à la ramasse», le bilan écologique en France

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    Pour les uns, le thème de l’écologie passe après bien d’autres secteurs, comme la Défense ou l’Économie. Certains considèrent qu’on en fait trop. Enfin, pour d’autres, l’écologie est une priorité. Paul Piccarreta, directeur d’une revue d’Écologie intégrale nous livre son bilan de l’année 2017 sur l’écologie et ses politiques en France.

    Paul Piccarreta est journaliste, éditeur et directeur de la revue Limite, revue d'Écologie intégrale. On retrouve dans l'écologie intégrale l'écologie environnementale ainsi que l'écologie humaine et l'impossibilité de les dissocier.

    Sputnik: Quels sont, pour vous, les grands événements écologiques de l'année 2017?

    Paul Piccarreta: Il n'y a pas eu de grand sommet cette année en réalité, mais, dans les dossiers importants, tout récemment, il y a eu celui de Notre-Dame des Landes (NDDL) qui marque un tournant qu'on n'avait pas vu depuis une quinzaine d'années, puisque le gouvernement est en train de préparer un nouveau dossier sur le cas NDDL, qui est devenu un cas de société.

    Lors du référendum [la consultation, ndlr], il y a un an et demi, les personnes consultées n'avaient pas vraiment d'alternative. Elles étaient amenées à choisir entre la poursuite du projet ou rien. C'était tout ou rien.

    Or, […] je pense que le gouvernement a en tête, en ayant vraiment travaillé ce dossier de l'extension de l'aéroport [de Nantes-Atlantique, ndlr], de montrer que le deuxième [celui de NDDL, ndlr] est un projet inutile.

    On appelle cela dans les milieux écolos, les GPI, les Grands Projets Inutiles. Donc, même si on n'aura la réponse qu'en janvier, il y a vraiment une avancée sur ce dossier-là et c'est assez positif.

    Sputnik: et comment voyez-vous l'écologie en politique, à droite pour commencer?

    Paul Piccarreta: […] Laurent Wauquiez! Le tournant écologique ou pas écologique de Laurent Wauquiez. J'insiste sur Laurent Wauquiez parce qu'il a fait des sorties en ce moment sur l'écologie. Je vois, sur Internet, traîner tous un tas d'articles selon lesquels il y aurait à droite une écologie possible. C'est assez curieux, assez intéressant. Je ne sais pas si vous vous souvenez de la déclaration de Wauquiez dans Valeurs Actuelles, qui plaidait pour une écologie de droite, pour l'enracinement, etc., donc on se dit super! Puis vous le voyez traiter les écologistes de sa région de fanatiques, je ne sais plus quels étaient les termes exacts [ayatollah, en 2015, ndlr]. À Limite, on range Wauquiez dans la case des «écolos tartuffes», ces gens qui parlent beaucoup, mais qui ne font rien.

    Pour rester à droite, […] Eugénie Bastié, ma consœur, avait interviewé Philippe de Villiers dans Le Figaro à propos de l'aéroport de NDDL. Et pour le coup, il plaidait réellement en faveur d'une droite écologique et chez nous, cela réunit certains lecteurs qui croient vraiment qu'on peut voter à droite et être écolo. Pourquoi pas, et je pense que c'est sincère et surtout que c'est intelligent, que c'est rationnel, que c'est historique dans le sens où on peut penser qu'il y a toujours eu à droite une certaine écologie et que Philippe de Villiers en est un peu le représentant.

    Donc vous avez en opposition Laurent Wauquiez, qui au contraire, est un homme un peu opportuniste, qui va essayer de flairer le sens du vent et faire des déclarations prétendument écolos, parler d'enracinement, mais on ne sait pas vraiment ce que c'est, et derrière, dès que vous fouillez les dossiers, on voit que le bonhomme est tout sauf un protecteur de l'environnement.

    Sputnik: Comment jugez-vous l'action de Nicolas Hulot et du Président Macron sur l'écologie?

    Paul Piccarreta: Alors, plutôt correct vu la situation. On a affaire à des technocrates. C'est plutôt intelligent, toutes les déclarations qui vont plutôt dans le bon sens. Celle d'une coopération de tous les États, jusqu'après la COP 21, parce que cela s'est poursuivi quand même, vous avez une volonté de Macron de rassembler tous les États pour préparer une transition énergétique en phase avec l'avenir de la planète. Donc Macron, plutôt satisfaisant même si pour l'instant cela ne sont que des déclarations.

    Et Nicolas Hulot, malheureusement, il essaye de suivre. On voit que cela est compliqué, parce que sur tous les projets relatifs à la souveraineté du pays —je pense aux grandes lois sur le CETA- on voit que Nicolas Hulot est un peu à la ramasse, mais parce qu'il s'est embarqué dans un système technocratique qui ne lui laisse quasiment pas de marge de manœuvre.

    Donc je dirais plutôt positif pour Macron étant donné qu'on s'attendait vraiment à pire. Et pour Nicolas Hulot, on ne s'attendait pas à grand-chose et on voit que c'est un peu compliqué pour lui de se positionner en tant qu'écologiste. C'est quelqu'un que l'on connaît, qu'on avait déjà rencontré. Et à l'époque, il nous parlait de sobriété heureuse, quasiment de décroissance même. Paradoxalement, Nicolas Hulot était vraiment sur le chemin d'une écologie un peu plus radicale avant de rentrer au gouvernement. Je me souviens que trois mois avant d'être appelé [au gouvernement, ndlr] il avait dit qu'il ne mettrait pas les pieds en politique, parce qu'en politique on ne pouvait rien faire, on n'avait pas de marche de manœuvre.

    L'avenir le dira, mais pour l'instant, on voit que c'est un homme qui est coincé et qui est embarqué dans un truc qu'il ne maîtrise pas très bien.

    Sputnik: À quoi peut-on s'attendre en 2018?

    Paul Piccarreta: Sur la question écologique, simplement poursuivre un peu les réformes notamment sur les taxes. Créer des écotaxes, cela peut être très intelligent. Créer des nouvelles taxes a simplement aidé les comportements des citoyens à s'améliorer. Cela serait ça, la bonne direction. Et sur un plan économique, c'est beaucoup plus compliqué, parce que cela demande plus de radicalité, parce que les taxes, c'est assez simple. Par exemple, le CETA, une fois que c'est signé, vous faites comment? C'est-à-dire que vous êtes dans une situation où vous ne pouvez pas vraiment revenir en arrière. Renégocier les contrats, c'est compliqué.

    Donc je dirais, que pour 2018, on peut espérer que le gouvernement essaye de faire comprendre aux citoyens qu'il est bon de changer nos comportements individuels et collectifs. Après, je ne suis pas sûr qu'on puisse espérer autre chose de la politique. C'est plutôt au travail des associations, je pense à Attac et à tout un tas d'associations qui ont vraiment du pouvoir et qui peuvent faire pression sur le gouvernement pour créer de nouvelles lois.

    Après, de ce que je sais de certains dossiers, Macron est plutôt favorable à l'écologie, contrairement à ce que l'on pense de l'extérieur du moins, il est plutôt favorable et donc on peut s'attendre à quelques surprises qui vont dans le bon sens.

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    Tags:
    écologie, France
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