Ecoutez Radio Sputnik
    Emmanuel Macron

    François Asselineau à propos des dessous de la déclaration de Macron sur le Frexit

    © Sputnik . Alexey Vitvitsky
    France
    URL courte
    Ekaterina Yanson
    381756

    Après la déclaration retentissante d'Emmanuel Macron sur la France qui pourrait aspirer à un Frexit, le président de l'Union populaire républicaine François Asselineau a évalué, au micro de Sputnik, ce qui avait pu faire tirer cette conclusion au Président, mais aussi quelles pourraient être les conséquences de ses propos pour la République.

    Le chef d'Etat français a défendu l'Union européenne pendant longtemps et voilà qu'il reconnaît dans une interview accordée à la BBC que «probablement» les citoyens français pourraient s'exprimer en faveur d'un divorce d'avec l'Union européenne. Mais comment expliquer la divergence entre ces propos et les résultats des sondages selon lesquels les Français y sont pour la plupart opposés? Interrogé à ce sujet, François Asselineau a estimé qu'une telle déclaration pouvait être le fruit d'informations non relayées dans la presse, mais connues du seul Président de la République.

    «Je suppose que monsieur Macron, s'il a fait la déclaration qu'il a faite, qu'il a comme informations d'autres informations que les sondages qui sont diffusés dans les médias», a expliqué le président de l'Union populaire républicaine (UPR). En cela, les données en question pourraient provenir «des services de renseignement français qui lui montrent que l'opinion publique n'est pas du tout conforme à ce qu'on vit dans les sondages diffusés dans les médias.»

    Pour lui, la pratique montre que les sondages ne sont pas un outil réellement fiable pour évaluer l'état de l'opinion publique et que cette opinion n'est toujours pas si «publique» qu'on le croit:

    «Les sondages ce sont des instruments de manipulation de l'opinion publique. On a souvent des sondages dont le résultat est conforme à la volonté de celui qui paye le sondage. Donc il ne faut pas trop croire aux sondages.»

    Globalement, si Emmanuel Macron pense que les Français sont majoritairement en faveur du Frexit, il existe deux scénarios possibles, selon M.Asselineau:

    «La première conséquence, c'est qu'il faut qu'il arrête de vouloir promouvoir une intégration européenne, à marche forcée, puisqu'il sait que c'est contraire à la volonté des Français», ou, deuxièmement, il devrait «faire un référendum pour demander aux Français "Qu'est-ce que vous voulez?"»

    Le président de l'UPR a été parmi les rares personnalités du monde politique français à réagir presque immédiatement aux propos de Macron dans l'entretien sur la BBC. Dans son communiqué de presse, l'UPR appelle notamment à mettre fin aux «initiatives européennes» du Président, tandis que la tenue d'un référendum sera un signe de respect de la démocratie.

    Fait préoccupant, la presse française semble aussi préférer rester muette sur cette déclaration connue grâce aux grands médias britanniques.

    «A part quelques médias (…) qui avaient relayé cette information en France, la quasi-totalité des médias français ont gardé le silence», a déploré M.Asselineau. «Parce que c'est à la BBC British que le Président de la République a dit ça. Cela veut donc dire que les grands médias français ont censuré cette information.»

    Le parti de François Asselineau, connu pour avoir été le «candidat du Frexit» lors de l'élection présidentielle, œuvre pour une sortie de la France de l'Union européenne, de la zone euro et de l'Otan.

    Les propos du dirigeant français ne sont pourant pas entièremenent inattendus vu qu'à l'élection le Front national (FN) de Marine Le Pen, qui avait évoqué dans ses engagements présidentiels la tenue d'un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne, a suivi le mouvement d'Emmanuel Macron avec un nombre record de suffrages (plus de 10,6 millions de voix).

    Lire aussi:

    François Asselineau évoque la «dangerosité» d’une armée de l’UE pour la France
    Mais que devient François Asselineau?
    Européennes: Asselineau axe sa campagne sur le «Frexit»
    Tags:
    eurosceptiques, sortie de l'UE, Frexit, déclaration, opinion publique, sondage, euro, BBC, UPR (Union Populaire Républicaine), OTAN, Union européenne (UE), François Asselineau, Emmanuel Macron, Europe, France
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik