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    Statue de Thémis, déesse de la Justice

    Entre menaces et absurdités, Jawad Bendaoud s’enfonce en trois jours de procès

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    France
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    Youri Apreleff
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    C’est à la justice française de trancher sur le sort des trois prévenus comparaissant au tribunal dans le cadre du procès sur l’appartement loué aux terroristes du 13 novembre à Saint-Denis. Mais Jawad Bendaoud, surnommé «le logeur de Daech», navigue entre ridicule et agressivité depuis le début des débats. Voici un florilège de ses déclarations.

    C'est au soir du 18 novembre que les Français ont découvert son visage sur BFM TV. La France est encore sous le choc de la violence des attentats commis le 13 novembre. Une opération de police est en cours à Saint-Denis dans un appartement dans lequel les derniers terroristes vivants, dont Abdelhamid Abaaoud, se seraient retranchés. C'est alors qu'apparaît un jeune homme à lunettes affirmant aux journalistes abasourdis que c'est chez lui que tout se passe. Il soutient qu'il ne savait pas qu'il s'agissait de terroristes: «on m'a demandé de rendre service j'ai juste rendu service monsieur, si je savais vous croyez que je les aurais hébergés?».

    Il n'en faudra pas plus pour que Jawad Bendaoud devienne la risée de tout le pays, son interview étant détournée en mèmes en tous genres pendant des semaines:

    ​C'est donc ce même individu qui comparaît depuis mercredi à Paris dans un procès très médiatisé, dont les journalistes rapportent chaque fait marquant. Les citations qui vont suivre proviennent de ces suivis journalistiques. Et l'humiliation qu'il a subie suite à son interview ne semble pas l'avoir calmé, loin s'en faut.

    Florilège:

    Un bon père de famille: «Y a pas un jour où ils ont pas leurs Granola, leurs Pépito…», au sujet de ses enfants

    Un avocat menacé devant toute la Cour: «Vous me traitez comme un chien devant les médias. Je vais venir vous voir dans votre cabinet».

    Une tentative de socialisation avec la juge: «Tranquille madame»

    Quand un avocat ne lui plait pas: «Il prend les gens pour des cons ou quoi?»

    Une métaphore douteuse adressée à un avocat: «Vous êtes perché sur un arbre et on va avoir du mal à vous faire descendre»

    Une force de l'âme rudement démontrée: «Y a des mecs à ma place, ils se seraient coupés les testicules, ils les auraient mises dans une barquette et ils auraient dit: "tiens mes couilles"»

    Quand il se rend compte du danger vécu: «J'ai descendu l'escalier avec Abaaoud derrière moi, vous vous rendez compte, un terroriste dans mon dos!»

    Un point de vue éclairé: «Proxénète, c'est un peu lâche comme profession»

    Quand Jawad invoque Macron: «Pourquoi M.Macron écarte les journalistes? C'est qu'ils sont un peu bizarres non?»

    Quand il parle de son avenir: «J'avais pour projet d'ouvrir un nouveau point de vente de cocaïne. Qui va vouloir s'associer avec moi?»

    Un nouvel avocat n'ayant pas une physionomie adaptée: «Vous, c'est même pas la peine. Vous avez une tête de faux-cul»

    La raison pour laquelle il ne s'excuse pas: «Je ne m'excuse pas, certes, car je ne me sens pas impliqué dans les attentats»

    Quand Jawad rassure l'auditoire: «Je vais pas sauter au-dessus de la vitre, vous pouvez baisser la vitre»

    Un alibi en béton: «Ma copine m'a appelé alors que j'étais avec une fille et j'ai pas raccroché. Elle a entendu que la fille me demandait où était son string»

    Star malgré lui des réseaux sociaux suite aux attentats du 13 novembre, Jawad Bendaoud semble n'avoir tiré aucun bilan de cette soirée. L'ensemble du procès au troisième jour le prouve.

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    Tags:
    procès, interview, terrorisme, Daech, Abdelhamid Abaaoud, Saint-Denis, France
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