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    Attentat de Trèbes

    Attentat de Trèbes: quand une erreur de date manque de se transformer en affaire d’État

    © REUTERS / Regis Duvigna
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    Elliot Lelievre
    Prise d'otages dans un supermarché dans l'Aude (27)
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    Radouane Lakdim a-t-il été naturalisé avant ou après avoir été fiché S ? La polémique a fusé dès le 23 mars, le jour même des attentats de Carcassonne et de Trèbes, dans la foulée de déclarations entendues sur BFMTV. Pourtant, l’information sera rapidement démentie, ce qui n’a pas complètement éteint la controverse.

    2004 ou 2015? La date de la naturalisation de Radouane Lakdim aurait pu se transformer en scandale d'État. Le 23 mars dernier, ce terroriste franco-marocain a tué quatre personnes et en a blessé 15 autres lors des attentats qu'il a perpétrés à Carcassonne et à Trèbes, à une dizaine de kilomètres de là.

    Parmi toutes les rumeurs et les fake news qui se répandent dans le sillage de tels actes, figure celle sur la date de la naturalisation du djihadiste.Ainsi, BFMTV, à peine quelques heures après l'attentat, a en effet indiqué que le terroriste aurait été naturalisé français en 2015, soit un peu moins d'un an après avoir été fiché S. Une information aussitôt relayée avec indignation sur les réseaux sociaux, notamment à droite:

    ​Pourtant, dès le lendemain, une source proche de l'enquête confiait à FranceInfo que l'homme avait été naturalisé en 2004. En effet, le père du tueur ayant été naturalisé cette année-là, il avait lui aussi pu obtenir la citoyenneté à cette date.

    ​«Nous avons eu l'information selon laquelle Radouane Lakdim a eu une carte d'identité en 2015, c'était vraisemblablement un renouvellement. Malheureusement, cela a interprété à tort et traduit à l'antenne en "Il a été naturalisé en 2015"», a déclaré à l'AFP Céline Pigalle, directrice de la rédaction de BFMTV, pour expliquer la source de l'erreur.

    Un démenti qui sera relayé par la plupart des propagateurs de la fausse information initiale:

    ​Condamné en 2011 pour port d'armes illégal, l'auteur des attentats de Tèrbes était connu des services de renseignement pour radicalisation depuis 2014 et avait, selon Gérard Collomb, fait l'objet d'un suivi en 2016 et 2017, mais les services compétents l'avaient considéré comme inactif. Avec un tel casier judiciaire et un fichage S en prime en 2014, si Radouane Lakdim avait naturalisé en 2015, cela aurait pour le moins signifié de graves manquements de l'État en la matière. Un fait qui pousse certains à toujours s'interroger sur la véracité du démenti apporté par les «sources proches de l'enquête»:

    ​Publier le décret de naturalisation de Radouane Lakdim serait à ce stade la solution la plus simple pour éteindre définitivement la polémique. En l'état, ces informations relevant de la vie privée n'étant pas accessibles aux journalistes, un doute risque toujours de subsister dans l'esprit de certains, alimentant les rumeurs et les doutes.

    Dossier:
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    Tags:
    attentat, BFMTV, Trèbes, Aude, France
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