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    Edwy Plenel. Photo d'archive

    Twitter et Checknews ressortent du placard les cadavres d’Edwy Plenel

    CC BY-SA 3.0 / Olivier « toutoune25 » Tétard / Edwy Plenel à la Fête de l'Humanité en 2008.
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    Mike Beuve
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    La twittosphère et Marine Le Pen se déchaînent depuis le fact checking de Libération du 2 avril. Edwy Plenel est bien Joseph Krasny, auteur d’un texte publié en 1972 appelant à «défendre inconditionnellement» les auteurs de l’assassinat de onze athlètes israéliens durant les Jeux olympiques de Munich de la même année.

    «Je suis scandalisée que le Président de la République se fasse interviewer par Edwy Plenel, par un homme qui a justifié et s'est réjoui de l'assassinat en 1972 des athlètes israéliens, un acte terroriste ignoble. Quel signal lancé! C'est extrêmement grave», s'indignait Marine Le Pen sur RTL.

    On le savait déjà, mais l'actualité nous le confirme sans cesse: tout ce que vous avez écrit ou dit pourra être un jour retenu contre vous, notamment sur… Twitter. C'est le constat amer que doit faire Edwy Plenel à quelques jours de son interview d'Emmanuel Macron, ce dimanche 15 avril sur BFM-TV, en compagnie de Jean-Jacques Bourdin.

    La twittosphère s'est donc emballée depuis le 2 avril dernier, lorsque Gilles-William Goldnadel, dans le cadre d'un reportage pour le média internet La France libre TV, interpellait Edwy Plenel.

    ​En cause, un texte publié dans Rouge (hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire) signée en 1972 sous le pseudo de Joseph Krasny. Le cofondateur de Médiapart s'illustrait en appelant à «défendre inconditionnellement» les auteurs de l'assassinat de onze athlètes olympiques israéliens durant les Jeux olympiques de Munich en 1972. Des faits connus depuis 2008 et présents sur la page Wikipédia d'Edwy Plenel.

    Si l'intéressé n'a pas répondu directement à Gilles-William Goldnadel, il s'en est expliqué auprès du service «désintox» de Libération Checknews: «Je n'ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j'avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd'hui. Elle n'avait rien d'exceptionnel dans l'extrême gauche de l'époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple-J'accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j'ai toujours dénoncé et combattu l'antisémitisme d'où qu'il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l'intimidation qui consiste à taxer d'antisémite toute critique de la politique de l'État d'Israël.»

    Si Edwy Plenel récuse sa position de l'époque, le caractère non «exceptionnel dans l'extrême gauche» de celle-ci est loin d'avoir convaincu la présidente du FN, comme l'atteste son tweet.

    ​Pourtant, cette polémique pose une autre question: faut-il attendre qu'un texte, publié il y a plus de 40 ans, soit «fact checké», pour que l'on s'émeuve de son contenu?

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