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    En Syrie, les USA ont «montré leurs muscles» mais ne veulent pas se battre

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    L’ancien directeur de la DST française, Yves Bonnet, a réitéré, dans un entretien donné le 15 avril au site d’information algériepatriotique, son appel à ce que la France quitte l’Otan suite à la participation de l’armée française aux dernières frappes contre la Syrie, dont il juge l’efficacité nulle.

    «J'étais et reste hostile à la présence de la France au sein de l'Otan. Les enseignements du général de Gaulle sont, hélas, oubliés», a déclaré Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) dans un entretien donné, le 15 avril 2018, au site d'information algériepatriotique, en commentant les dernières frappes contre la Syrie auxquelles a pris part l'armée française.

    «S'agissant des accusations avancées par les pays occidentaux, il est pour le moins paradoxal d'affirmer détenir des preuves et de demander l'intervention de l'autorité de contrôle, l'OIAC [l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, ndlr], sans en attendre les résultats. Il faut ajouter que le précédent scandaleux et resté impuni de l'Irak en 2003, décrédibilise singulièrement les accusations avancées sans fourniture de preuves», a-t-il ajouté en soulignant qu'avec ces violations répétées du droit et des lois internationales «Pour moi, il n'y a plus de droit international».

    Concernant le risque que ces frappes dégénèrent en une guerre totale dans la région, en particulier entre les États-Unis et la Russie, l'ancien chef du contre-espionnage français a affirmé que «Les Américains ne veulent surtout pas de casus belli avec la Russie dont les capacités de riposte sont probablement fortes. On reste dans le domaine de la gesticulation. On montre ses muscles sans avoir envie de se battre». Et «il est exclu qu'une nouvelle frappe intervienne dans les prochains jours», a-t-il souligné.

    À propos de l'impact des frappes sur la situation en Syrie et en particulier sur l'équilibre des forces, Yves Bonnet avance que «tout le monde semble d'accord pour estimer que ces frappes ne changent pas la face du monde, ni les positions des acteurs sur le terrain. […] Si son objectif était d'intimider Damas, il n'a pas été atteint: depuis six ans, Bachar el-Assad se sait protégé par la Russie, et je pense qu'il dort tranquille». Et c'est la raison pour laquelle «le secrétaire général de l'Otan a fait preuve de retenue et de prudence dans cette affaire, ce qui est peut-être un signe», a-t-il souligné.

    Dans la nuit du 13 au 14 avril, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont porté des frappes contre la Syrie. Sur 103 missiles tirés sur la Syrie, 71 ont été interceptés par la DCA syrienne, informe le ministre russe de la Défense. Le bombardement a été mené sous couvert d'une opération visant à éliminer de prétendues armes chimiques de cet État suite à l'attaque chimique qui aurait été perpétrée le 7 avril à Douma, près de Damas, selon les pays occidentaux.

    La Russie a fermement condamné ces frappes, les considérant comme une violation flagrante du droit international et ayant pour but de saboter le travail de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

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    Tags:
    droit international, violations, frappe aérienne, OIAC, OTAN, France, États-Unis, Russie
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