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L’article 22 de la Loi Asile-Immigration a été voté le 22 avril permet d’engager des «jeunes au pair» étrangers en échange «d’argent de poche». L’amendement permettant un meilleur contrôle a été balayé. Pourtant, les détracteurs de cet article craignent le retour d’une forme d’esclavage.

A l'occasion des débats sur le texte Loi asile et immigration, le Parti communiste a proposé un amendement pour mieux encadrer l'article 22 de la loi: il permet aux «jeunes au pair» de travailler contre le versement «d'argent de poche». Les députés LR Claude Goasgen, maire du XVIe arrondissement de Paris, et Fabien di Filippo l'ont soutenu «Ça montre les considérations que vous avez pour les personnes venant de l'étranger, on peut leur remettre de l'argent de poche», déclarait à ce propos le Député de la 4e circonscription de Moselle, Secrétaire général adjoint des Républicains, dans l'hémicycle:

Malgré les avertissements énoncés par le Comité contre l'esclavage moderne, pour qui le texte réduit «la capacité des travailleurs au pair à dénoncer d'éventuelles conditions de travail ou d'hébergement contraires à la dignité humaine et autres infractions d'exploitation plus graves», 74 députés ont voté contre l'amendement visant à encadrer le travail au pair des migrants, et 46 pour.

En quelques minutes, le sort de ces futurs au pair était scellé, «au nom du fait que la bonne bourgeoisie aurait le droit d'employer des gens qu'elle paierait par je ne sais quel argent de poche», a fait savoir Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon: «Nous n'acceptons pas qu'une forme d'esclavage moderne se mette en œuvre».

​Une carte de séjour sera délivrée pour les jeunes âgés de 18 et 30 ans, avec la mention «jeune au pair»:

«C'est un motif de régulation comme un autre, en contrepartie d'une main d'œuvre, non pas bon marché, mais quasiment gratuite!»,

s'insurge M. di Filipo, craignant «un appel d'air de plus», admettant que c'est là «point de différence avec les gens qui ont déposé l'amendement».

«S'ils ont des aides, ils continuent de les toucher de toute façon, car derrière il n'y a pas de rémunération, mais de l'argent de poche. On enlève en rien le poids de la charge des migrants qui pèse sur le dos de l'État», poursuit-il.

En juillet 2017, une agence américaine avait publié un rapport un risque élevé de recours à l'esclavage moderne dans vingt pays de l'UE.

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