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    Campagne d’Emmanuel Macron: nouveaux soupçons de petits arrangements entre amis

    © Sputnik . Vladimir Trefilov
    France
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    Mike Beuve
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    Nouvelle polémique liée aux comptes de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron! Cette fois-ci, les remises de 30 à 100 % accordées par GL Events sont en cause. Si ces remises sont qualifiées d’«usuelles» par GL Events, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure souhaite que le parquet financier s’assure qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts.

    «On découvre qu'il y a des ménages et des mélanges qui sont très curieux, dans cette campagne, il y a une espèce de connivence.»

    Ce sont les propos tenus par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, dans l'émission Questions politiques sur France Inter, Franceinfo et le Monde. Les comptes de campagne d'Emmanuel Macron continuent de soulever des interrogations notamment à la suite des révélations de Mediapart sur les remises commerciales consenties par GL Events à l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron.

    Pour Olivier Faure, il faut «vérifier que le conflit d'intérêts n'a pas été au-delà de l'élection présidentielle. Il faudrait vérifier que cette entreprise n'a pas bénéficié, depuis, de contrats avec la puissance publique.» En effet, il affirme qu'«il y a des salariés de GL Events qui sont venus travailler dans la campagne […] ils ont été des amis utiles dans la campagne et visiblement auteurs de cadeaux.»

    En effet, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) «a relevé les promotions exceptionnelles, parfois "d'un pourcentage anormalement élevé"», des remises allant de 30 à 100 % sur certains postes de dépenses.

    L'entreprise événementielle GL Events a, quant à elle, rejeté les accusations de Mediapart dans un communiqué, expliquant qu'il fallait regarder les factures au global concernant le meeting organisé à la Maison de la Mutualité (12 juillet 2016) et le meeting au Parc des Expositions (16 décembre 2016). En effet, GL Events déclare avoir accordé une remise de 21 % [on parle plutôt d'une remise de 26,8 %, ndlr] sur la facture totale de qui s'élevait à 92.000 € HT (19.811 de rabais) pour le meeting de la Mutualité et 20 % pour le meeting du Parc des Expositions.

    Dans les deux cas, GL Events argue que ces remises sont «usuelles», soit à cause à de la «période» à laquelle ces deux évènements se sont déroulés, soit par un contexte commercial tendu lié à la concurrence. «Les politiques actives ("yield management") de remises commerciales en termes de location de salles et organisation d'évènements reflètent ces dynamiques locales de l'offre et de la demande.» En Marche!, pro de la négociation? Il semblerait que oui à la vue des déclarations de l'Élysée faites à Mediapart «Au cours de la campagne présidentielle, le mouvement est parvenu à tenir les coûts des différents évènements grâce à une approche agressive des négociations commerciales.»

    Emmanuel Macron
    © REUTERS / Charles Platiau
    Néanmoins, on peut s'interroger sur ces pratiques commerciales, puisque comme le rappelle l'article L52-8 du code électoral: «Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués.» Et pour cause, les candidats Hamon et Fillon, toujours selon Mediapart, n'auraient pas bénéficié des mêmes conditions commerciales pour des prestations comparables.

    Une information que vient de démentir le CNCCFP dans un communiqué, ce lundi 7 mai. La commission souligne que «d'autres candidats ont bénéficié de remises similaires pour l'organisation d'évènements publics». Elle ajoute que «l'équipe de M. Fillon a bénéficié également d'une remise de 24 % sur le montant de la facture concernant la réunion, le 14 janvier 2017, du Conseil national du parti Les Républicains dans les mêmes lieux», «de même la société Match Event a consenti à M. Hamon une remise de 18,7 % sur son prix HT pour l'organisation de la réunion publique de Bercy du 19 mars 2017». Par conséquent, la commission juge les remises obtenues par l'équipe d'Emmanuel Macron comme «acceptables» et ne constituent donc «pas des participations illicites au financement» de cette campagne.

    Cette énième «affaire» vient néanmoins alimenter les nombreuses polémiques liées aux comptes de campagne d'Emmanuel Macron. On pourrait citer les irrégularités concernant les dons, la CNCCFP en a constaté 24 pour un montant total de 87.600 euros. De manière plus légère, on pourrait également rappeler les 18 kg de fraise Tagada achetés par l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron pour un montant de 102,80 euros. Une fois de plus, la CNCCFP a demandé des comptes à l'équipe de campagne afin qu'elle puisse «démontrer le caractère électoral» de la dépense. Ou encore des élus Les Républicains de la métropole de Lyon qui ont annoncé leur intention saisir le parquet financier si le successeur de Gérard Collomb à la tête de la mairie de Lyon, David Kimelfeld, n'était pas en mesure «de fournir l'ensemble des documents pouvant faire la lumière sur des pratiques illégales». En effet, ces élus soupçonnent l'ancien maire de Lyon et désormais ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, d'avoir utilisé des «moyens publics» pour aider le candidat Macron pendant la campagne présidentielle.

    À défaut de l'ouverture d'une enquête par le parquet financier grâce aux nouveaux éléments concernant les comptes de campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, ils demeureraient «les plus sincères de tous», comme l'a assuré la main sur le cœur, jeudi 3 mai, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

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    Tags:
    élection présidentielle, Emmanuel Macron
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