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    Sanctions US contre l’Iran: la France confrontée à un choix difficile

    © AFP 2018 PATRICK KOVARIK
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    Le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran peut avoir des conséquences négatives pour les sociétés européennes, dont des françaises, qui ont renforcé leur présence dans ce pays depuis 2015. La France entend-elle défendre leurs intérêts?

    Le retrait des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien entraîne le rétablissement immédiat des sanctions qui ont été levées en conformité avec le Plan global d'action conjoint (JCPOA) signé le 14 juillet 2015. Le Trésor américain a donné un délai de 90 à 180 jours aux entreprises américaines pour mettre fin à leurs activités en Iran.

    Bien que les sociétés européennes ne soient pas obligées d'obéir à ses injonctions, elles sont confrontées à un choix: se retirer d'Iran ou être elles-mêmes sanctionnées par les États-Unis.

    Cela peut avoir des conséquences négatives directes pour les entreprises françaises qui ont intensifié leurs activités en Iran après la levée des sanctions. Les sanctions américaines contre l'Iran peuvent léser Airbus, qui a signé en décembre 2016 un accord avec Iran Air pour la vente de 100 avions. L'avionneur français possède des usines aux États-Unis où il fabrique un nombre important de pièces comprises dans ses appareils, ce qui le soumet automatiquement aux sanctions américaines.

    Total est une autre entreprise française touchée par la décision de Donald Trump. En effet, elle a été la compagnie pétrolière occidentale la plus active à reprendre ses activités en Iran, ayant signé un contrat d'un montant de cinq milliards de dollars juste après la signature du JCPOA.

    Les constructeurs automobiles français n'échapperaient pas non plus au rétablissement des mesures restrictives à l'égard de l'Iran. Renault, associé à Nissan, a vendu plus de 160 000 voitures en Iran l'an dernier tandis que le groupe PSA a une part de marché de 30% dans ce pays.

    Après l'annonce du retrait américain de l'accord avec l'Iran, la présidence française a fait part de son intention de défendre les intérêts de ses entreprises, estimant que les modalités pratiques de ces sanctions n'étaient pour l'instant «pas très précises».

    «Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l'accord. Nous allons traiter avec les Etats-Unis au niveau de l'Union européenne, pour des raisons politiques, pratiques et juridiques», a ainsi déclaré l'Elysée.

    Les sanctions américaines extraterritoriales évoquées par Donald Trump ont été également dénoncées par le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno le Maire.

    «Il n'est pas acceptable que les Etats-Unis soient le gendarme économique de la planète», a-t-il déclaré le 9 mai dans une interview à la radio France culture.

    Mardi, le Président américain a annoncé sa décision de retirer les États-Unis de l'accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien. Le Plan global d'action conjoint (JCPOA) est un accord signé à Vienne, en Autriche, le 14 juillet 2015, par les huit parties suivantes: les pays du P5+1: les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni) et l'Allemagne, ainsi que l'Union européenne et la République islamique d'Iran. Le locataire de la Maison-Blanche a également annoncé le rétablissement de toutes les sanctions levées suite à l'adoption de cet accord.

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    programme nucléaire iranien, sanctions, PSA Peugeot Citroën, Airbus Group, Renault Group, Total, Bruno Le Maire, Donald Trump, Iran, France, États-Unis
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