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    Policiers français. Photo d'archive

    La police à court de munitions pour l’entraînement, le Sénat tire la sonnette d’alarme

    © REUTERS / Eric Gaillard
    France
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    Fabien Buzzanca
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    Le rapport explosif de la commission d’enquête des sénateurs François Grosdidier (LR) et Michel Boutant (PS), révélé le 3 juillet 2018 par Le Figaro, pointe à nouveau le manque criant de moyens de la police française. Un point inquiète particulièrement: la pénurie de munitions, qui empêche les forces de l’ordre de s’entraîner normalement.

    «Une part conséquente des agents de police ne bénéficie pas de l'entraînement indispensable pour leur permettre de conserver une bonne maîtrise des armes.»

    C'est l'amer constat fait par la commission d'enquête présidée par le sénateur PS Michel Boutant et dont François Grosdidier (LR) est le rapporteur, dévoilée par Le Figaro. En plus des suicides, des heures supplémentaires non payées, du parc automobile vieillissant et de commissariats insalubres, de nombreux membres des forces de l'ordre paient de plein fouet la pénurie de munitions au sein de la police. Un point qui inquiète les sénateurs en cette période de risque terroriste accru, auquel sont susceptibles de faire face à tout moment gendarmes et policiers.

    ​De plus, cette nouvelle tombe dans un contexte de très forte hausse du recours aux armes à feu chez les policiers. Le 26 juin 2018, l'inspection générale de la police nationale (IGPN) publiait des chiffres impressionnants: +54% entre 2016 et 2017. Ce ne sont pas moins de 14 décès et une centaine de blessés qui ont été recensés entre juillet 2017 et mai 2018 suite à des interventions policières.

    En 2017, un tiers des policiers ne s'est pas assez entraîné

    Dans le détail, 80.435 policiers ont pu effectuer au moins trois séances de tir en 2017, sur un effectif total de 124.956 agents. Cela représente à peine 64,4% des effectifs. Du côté des gendarmes, la commission avance le chiffre de 5.887 sous-officiers (8% du corps) qui n'étaient pas à jour concernant leurs entraînements au 4 juin 2018.

    Cette problématique n'est pas récente. Le 6 novembre 2017, le syndicat de police Alliance, le plus important de la profession, tirait déjà la sonnette d'alarme. Il dénonçait

    «des stands de tir délabrés, des conditions de travail et de sécurité inacceptables dans une majorité de structures, des cadences impossibles à tenir pour répondre aux besoins en terme de nombre de tirs obligatoires et d'habilitations SIG SAUER et HK UMP»,

    deux armes utilisées par les forces de l'ordre. Alliance dénonçait également une «pénurie» de munitions d'entraînement. D'après le syndicat, ce manque de moyens force les policiers à tirer avec des armes qui provoquent une dégradation accélérée des équipements des stands de tir, tout en polluant plus, le tout pour un coût supérieur.

    Selon Alliance, le responsable n'est autre que le service de l'achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (SAELSI). D'après le site du gouvernement, ce service crée en janvier 2014 «assure le recueil des besoins, la conception, l'achat et la mise à disposition des équipements et des moyens nécessaires à l'exercice des missions de la sécurité civile, de la gendarmerie et de la police». Le premier syndicat policier accuse l'organisme gouvernemental d'avoir mal anticipé le renouvellement du marché «munitions».

    En janvier 2016, c'était le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure qui alertait le préfet de Corse et de Corse-du-Sud. Citée par Corse-Matin, l'organisation évoquait une pénurie de munitions d'entraînement sur l'île de Beauté. Une «difficulté d'autant plus paradoxale et incompréhensible dans la période de tension et de violence que connaît le pays».

    La commission d'enquête parlementaire présidée par Michel Boutant préconise 32 mesures afin d'améliorer le quotidien des forces de l'ordre et leur efficacité. Elle propose une loi de programmation sur cinq ans, «avec notamment un crédit de 400 millions d'euros en faveur de l'immobilier dans la police nationale», précise François Grosdidier.

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    Tags:
    munitions, police, France
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