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Lutter contre les fausses informations sans empiéter sur les libertés, voilà ce que la loi anti-«fake news» doit garantir, a affirmé à Sputnik Maurice Leroy qui vient d’être élu vice-président de l'Assemblée nationale, alors que la commission des lois du Sénat a rejeté cette semaine les deux projets sur les «fausses nouvelles».

Nouvellement élu vice-président de l’Assemblée nationale, Maurice Leroy, député UDI de Loir-et-Cher et ancien ministre de la Ville, se dit ne point être surpris par le fait que la commission des lois du Sénat a rejeté mardi les deux projets de loi censés lutter contre les «fake news» en période électorale, rappelant que dans la tradition française le Sénat avait toujours été un grand défenseur des libertés.  

«C’est très discuté ce texte de loi parce qu’il faut trouver un équilibre entre la lutte contre les "fake news"- parce que ça c’est terrible, la désinformation qui existe sur les réseaux sociaux- et en même temps il faut faire attention parce qu’on touche aux libertés: aux libertés individuelles, aux libertés publiques, aux libertés fondamentales», a-t-il expliqué dans son commentaire à Sputnik.  

Et d’expliquer que sur cette question il était nécessaire de savoir conjuguer la lutte contre les fake news avec la liberté et d’arriver «à trouver un point d’équilibre» ce que, comme il l’espère, l’Assemblée nationale saura faire.

S’exprimant sur l’attitude de l’UDI sur ces propositions de loi, il a précisé que pour le moment elle ne l’avait pas votée à l’Assemblée nationale, soulignant que la position de ce parti était plutôt proche de celle de la majorité de la Commission des lois du Sénat.

«Nous sommes pour faire évoluer ce texte, nous considérons, nous les centristes, que ça touche trop aux questions de la liberté individuelle», a-t-il déclaré. 

En même temps, rappelle-t-il, c’est l’Assemblée nationale qui votera cette loi en dernier ressort et «là il y a une majorité qui suit le gouvernement sur cette question».  

La loi anti-fake news ne rappellerait-elle pas un peu la justice stalinienne? À cette question, M. Leroy répond que ce terme est, selon lui, trop fort et que même s’il n’a pas voté cette loi, il n’emploierait pas cette expression. 

Pour rappel, adoptées par l’Assemblée nationale début juillet, les deux propositions de loi controversées visent à permettre à un candidat ou un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de «fausses informations» durant les trois mois précédant un scrutin national. Elles imposent aussi aux plateformes numériques (Facebook, Twitter, etc.) des obligations de transparence lorsqu'elles diffusent des contenus contre rémunération. Une série de personnalités, dont le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (IFJ) Ricardo Gutierrez, ont exprimé leur préoccupations face à cette initiative, ce dernier l’ayant jugé de «mauvaise stratégie contre-productive et inefficace».

S’exprimant toujours au sujet de cette loi, Alain Houpert, sénateur de la Côte-d'Or, a relevé qu’elle mettait la «démocratie dans les cordes». 

«Voulons-nous vraiment revenir à l'époque de Galilée et Copernic? Je ne veux pas que l'on passe d'une démocratie à une démocrature», avait-il récemment déclaré. 

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Tags:
libertés fondamentales, loi anti-fake news, liberté, projet de loi, désinformation, UDI, Sénat français, Assemblée nationale française, Maurice Leroy, France
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