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    «Violences, viols, vols», des Parisiens contre l’ouverture d’un centre pour migrants

    «Violences, viols, vols», des Parisiens contre l’ouverture d’un centre pour migrants

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    Après trois jours de vive mobilisation, des habitants du XVIIIe arrondissement de Paris ont obtenu que l’ouverture d’un centre pour migrants, initialement prévue dans leur quartier, se fasse finalement dans le très cossu VIe arrondissement. Notre envoyée spéciale était le 30 août avec les protestataires, peu avant leur victoire.

    «Ce n'est pas du tout contre les migrants que l'on fait cette action, mais c'est uniquement face à tout ce que l'on voit actuellement sur la violence, les agressions dont on entend parler, les meurtres, les viols.»

    C'est le cri d'alarme, que pousse une riveraine de la rue des Poissonniers, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, au micro de l'envoyée spéciale de Sputnik France. Durant trois jours, avec d'autres habitants du secteur, elle s'est battue bec et ongles afin d'empêcher l'installation d'un centre qui devait accueillir une centaine de migrants dans un gymnase de la RATP. Et ils ont eu gain de cause. La préfecture a fait marche arrière après une réunion tenue le 30 août.

    «Ce n’est pas du tout contre les migrants qu’on fait cette action mais c’est uniquement ce qu’on voit actuellement sur la violence, des agressions… »

    🎥 #SputnikVidéo A Paris, des habitants de la rue des Poissonniers (Porte de la Chapelle) protestent contre l’ouverture d’un centre pour migrants dans leur immeuble. goo.gl/U4NYYq

    Опубликовано Sputnik France Четверг, 30 августа 2018 г.

    Si les protestations ont été si fortes, c'est à cause du «manque de concertation» avec les autorités, qui sont accusées d'avoir voulu mettre les riverains devant le fait accompli. Mais plus encore, c'est à cause de l'insécurité que vivent au quotidien les habitants d'une partie du XVIIIe arrondissement, qui abrite une forte population issue de la crise migratoire qui frappe l'Europe depuis plusieurs années.

    «Nos voitures sont cassées, nos poubelles sont éparpillées dans la cour au quotidien. C'est le côté insécurité qui nous fait peur. Jusqu'à maintenant, on n'a pas pu nous garantir un accueil en sécurité. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes réunis afin d'empêcher l'ouverture de ce centre», déclare une habitante du quartier.

    Elle assure que plusieurs de ses amis «se sont fait agresser pour un vol de portable» alors qu'ils lui rendaient visite. Un homme montre des enfants et lance «c'est pour eux que l'on fait ça, et pour nos anciens». Rien de personnel contre les migrants dans sa démarche, assure-t-il:

    «Ce n'est pas contre les migrants, mais contre les États qui ont fait des guerres et ouverts des autoroutes pour les migrants, pour les terroristes, pour l'esclavage et pour la drogue.»

    Les protestataires, dont beaucoup sont d'origine étrangère, assurent faire «plein de choses afin d'aider les migrants», mais ne plus en pouvoir d'une situation «qui dure depuis trois ans».

    «On a eu les Roms, on a eu les toxicos […], on veut avoir une vie tranquille, vivre en harmonie, on ne peut accepter toute la misère du monde», souligne, un peu dépité, un riverain.

    Maintenant, reste à voir comment les habitants du VIe arrondissement vont accueillir la nouvelle de cette relocalisation. Le nouveau centre devrait voir le jour rue André Mazet, «dans les locaux du restaurant administratif du Crous. Le restaurant devait être rénové. En attendant, un centre de la Croix-Rouge a déjà fonctionné pendant 4 mois, jusqu'en juin, sans difficulté particulière», assure à nos confrères du Parisien Jean-Pierre Lecoq, maire Républicain de cet arrondissement huppé.

    Il dit avoir accepté, car les nouveaux locaux ne remplacent «ni en durée ni en taille» la précédente structure qui devait germer dans le XVIIIe. D'ailleurs, il précise que le centre «temporaire» accueillera une cinquantaine de personnes pour «deux mois».

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    Tags:
    protestations, Paris, France
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