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    Péages urbains: «c’est une ségrégation par l’argent»

    © Sputnik . Guillaume Baker
    France
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    Gaëlle Nicolle
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    Le projet de loi d’orientation des mobilités, présenté bientôt en conseil des ministres, prévoit la possibilité pour les communes d’instaurer un péage urbain... Pour Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 Millions d'automobilistes, il existe d’autres moyens pour réguler et organiser les transports des grandes villes.

    Une main sur le volant, l'autre dans le portefeuille. Afin de «lutter contre la pollution et les nuisances environnementales», les automobilistes pourraient bientôt devoir s'acquitter d'un «tarif de congestion» en pénétrant dans une ville de plus de 100.000 habitants. Dans son projet de loi sur les mobilités, le gouvernement prévoit d'encadrer la mise en place de péages urbains à l'entrée des grandes villes. Une mesure qui suscite la colère de certains automobilistes, dont Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 Millions d'automobilistes:

    «Quand on en est à un point où on explique aux gens qu'il faut changer de voiture pour avoir le droit d'avoir accès aux villes selon une vignette critère, que les gens changent leur voiture, et qu'en plus derrière on leur dit finalement qu'on va les faire payer aussi, on est dans l'incohérence gouvernementale totale.»

    Évoqué en début d'année par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, le projet doit passer en conseil des ministres le mois prochain. Depuis 2007, la loi donne déjà la possibilité aux collectivités de le faire, mais le gouvernement entend donner un cadre, en fixant notamment des tarifs plafonds.

    Dévoilé ce mercredi par le média en ligne Contexte, le texte prévoit la possibilité pour les collectivités d'instaurer un «tarif de congestion»: 2,50 euros pour l'entrée dans une ville de plus de 100.000 habitants, cinq euros au-delà de 500.000 habitants et 10 euros pour les poids lourds.

    «C'est une injustice sociale, c'est une ségrégation par l'argent, c'est l'accès aux villes aux riches. Grosso modo, si vous n'avez pas les moyens de vous payer un appartement rue de Rivoli ou dans les grandes artères des très grandes villes, dans ce cas-là c'est simple, vous devez payer. Ou alors la ville ce n'est plus pour vous», fustige Pierre Chasseray.

    Le choix de mettre en place un tel péage, qui consisterait en un système de téléservice enregistrant les passages avant d'envoyer la facture en fin de mois, reviendra aux élus locaux. Ce dispositif existe déjà à l'étranger depuis des années, dans des villes comme Milan, Londres ou Stockholm, mais en France certaines villes ont déjà fait savoir qu'elles n'étaient pas intéressées, comme Paris ou Nantes.

    Plutôt que d'opter pour une mesure coercitive, d'autres villes, comme Lille, préfèrent récompenser les bons comportements, en mettant en place le péage inversé, inspiré cette fois-ci des Pays-Bas. Les automobilistes qui accepteront de rouler en dehors des heures de pointes pour aller au travail, ou qui laisseront leur voiture au garage, seront indemnisés deux euros par trajet.

    «L'intelligence, c'est ce qui va être testé par l'agglomération lilloise: un péage inversé. Une rétribution pour les automobilistes qui décident de partir en dehors des heures de congestion. Ça, c'est intelligent. Mais taxer, toujours taxer… pourquoi?», s'interroge M.Chasseray.

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    Tags:
    tarifs, villes, environnement, pollution, argent, automobiliste, projet de loi, transports, France
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