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Le gouvernement français relancera l’enquête sur les cas groupés de bébés nés avec des malformations dans plusieurs départements, deux semaines après la décision de Santé Publique France de ne pas enquêter sur ce dossier, d’après la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Une nouvelle enquête sur des bébés nés sans mains, bras et avant-bras dans plusieurs départements français sera lancée par le gouvernement, a annoncé dimanche la ministre française de la Santé Agnès Buzyn dans une émission télévisée de RTL.

«Nous avons décidé avec [le ministre de l’Écologie] François de Rugy de relancer une enquête, parce qu'on ne peut pas se satisfaire de dire "on n'a pas trouvé de cause", c’est insupportable […]. On a une autre agence, l'Agence de sécurité environnementale (ANSES), qui s’occupe de l’alimentation, des risques environnementaux [… ]. On relance une enquête avec ces deux agences en même temps, pour voir si leurs regards croisés entre les médecins purs et durs de Santé Publique France et des personnes qui connaissent mieux l’environnement trouveront une cause», a indiqué Mme Buzyn sur RTL, répondant à une question posée par la lanceuse d’alerte Emmanuelle Amar.

Samedi, plusieurs médias ont annoncé que l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, qui œuvrait depuis plusieurs années pour la poursuite de l’enquête sur le taux anormal de bébés nés avec des malformations, était en passe d’être licenciée, tout comme les cinq autres contractuels du Remera, registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes. 

Deux anciennes ministres de l'Écologie — la députée Génération Écologie Delphine Batho et l’avocate et directrice de l’association Justice Pesticides Corinne Lepage — ont accusé le gouvernement français de vouloir mettre l’affaire sous le tapis.

Tout en défendant la méthodologie «scientifiquement validée» que Santé Publique France a utilisée pendant la première enquête, Mme Buzyn a déclaré que le gouvernement n’était «pas content» de ne pas avoir établi les causes de ces cas de malformation.

Sept cas d’enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été recensés dans l’Ain entre 2009 et 2014, dans un rayon de seulement 17 km autour du village Druillat. Trois autres enfants sont nés avec un handicap identique en Loire-Atlantique entre 2007 et 2008. Et entre 2011 et 2013, quatre autres enfants avec les mêmes problèmes sont nés dans le Morbihan, dans la commune de Guidel.

Santé publique France a pourtant estimé le 4 octobre «qu’il n’y avait pas d’explication commune à la survenue de ces malformations» et a décidé de ne pas poursuivre les enquêtes sur le sujet.

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Tags:
malformations congénitales, enquête, bébé, Agence de sécurité environnementale (ANSES), François de Rugy, Emmanuelle Amar, Agnès Buzyn, Ain, Morbihan, Loire-Atlantique, France
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