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    Les enfants de djihadistes rapatriés grossiront-ils les rangs des criminels en France?

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    Un débat est en cours en Europe depuis que la France a annoncé envisager le rapatriement d'enfants de djihadistes français de Syrie et d’Irak, tout en excluant le retour des adultes. Sputnik en a discuté avec le Norvégien Stig Jarle Hansen, grand spécialiste international de l’islamisme.

    Auparavant, la France refusait de rapatrier les familles des radicaux, invoquant la menace du terrorisme sur son territoire national, mais Paris craint à présent qu'en restant en Syrie les enfants ne se radicalisent définitivement. Aussi, envisage-t-il de rapatrier de Syrie et d'Irak les enfants de djihadistes français, mais exclut tout retour des adultes.

    Le revirement des autorités françaises, notamment leur intention de rapatrier les enfants de djihadistes français signalés en Syrie et en Irak, est sans doute la reconnaissance du fait qu'il s'agit de ressortissants français qui doivent avoir le droit à l'aide de l'État, a déclaré à Sputnik Stig Jarle Hansen, directeur du programme des relations internationales de l'Université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU).

    «Il s'agit toutefois de désunir les familles. […] Je peux supposer que ces enfants se trouveront sous la tutelle de l'État. Je supposerais même que les autorités françaises réserveront une grande attention à cette opération [de rapatriement, ndlr] et mettront en œuvre pour la réaliser d'importantes ressources. Mais certains problèmes ne sont évidemment pas à exclure», a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'expliquer qu'il ne fallait pas oublier le facteur de l'hérédité.

    «Ces enfants peuvent être confrontés à certaines difficultés lors de leur intégration dans la société française. Ils peuvent par exemple devenir djihadistes ou entrer dans des groupes criminels, si les autorités du pays ne veillent pas sur eux comme il se doit», a prévenu l'expert.

    Selon ce dernier, il est très probable que, séparés de leurs familles, les enfants puissent devenir des criminels. Il s'agit effectivement, d'après les médias, de rapatrier des enfants âgés pour la plupart de moins de 6 ans, sans leurs mères.

    «La bonne nouvelle consiste dans le fait qu'au cours de ces 5 à 6 dernières années, les autorités françaises ont obtenu de bons résultats dans la déradicalisation et la lutte contre la violence et l'extrémisme. Quoi qu'il en soit, dans ce cas précis, on est confronté à deux problèmes d'ordre éthique, notamment à la séparation de ces enfants de leurs familles et à la privation des citoyens de leurs droits», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    Les enfants constituent la principale cible de la stratégie de recrutement de Daech*. Les garçons et les filles sont largement utilisés dans la propagande médiatique du groupe terroriste. L'idéologie djihadiste accorde une importance particulière à l'éducation des enfants afin de les initier au combat, constatent les observateurs. Environ 2.000 enfants de 9 à 15 ans ont été recrutés et formés par des radicaux en Irak et en Syrie, selon l'ONG américaine Centre Soufan. 77 d'entre eux seraient à présent retournés en France.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    Tags:
    radicalisation, intégration, enfants, radicaux, criminels, djihadisme, Centre Soufan, Université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU), Sputnik, Daech, Stig Jarle Hansen, Europe, Irak, Syrie, Paris, France
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