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Emmanuel Macron a jugé le 7 novembre que l'hommage qui sera rendu à Pétain pour les commémorations du 11 novembre aux Invalides était «justifié». D'après lui, le dirigeant vichyste s'est montré être «un grand soldat» pendant la Première guerre mondiale, même s'il a «conduit des choix funestes» pendant la Seconde. La polémique enfle.

«Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l'armée à la victoire, comme chaque année. Mon chef d'état-major sera présent à cette cérémonie.»

Alors qu'il répondait à des journalistes à son arrivée à la Préfecture des Ardennes pour un conseil des ministres délocalisé ce 7 novembre, Emmanuel Macron a assumé. Car dans les «maréchaux qui ont conduit l'armée à la victoire» figure le nom d'une des figures les plus controversées de l'histoire de France: Philippe Pétain.

Celui qui s'était montré un maréchal héroïque, conduisant la France à la victoire durant la Première guerre mondiale, tout en restant soucieux d'économiser la vie de ses hommes, avait ensuite assumé le rôle de chef du gouvernement collaborationniste de Vichy de 1940 à 1944. Période durant laquelle de très nombreuses exactions ont été commises, notamment contre les juifs.

«Il a été un grand soldat, c'est une réalité. La vie politique comme l'humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu'on voudrait croire», a déclaré le chef de l'État. Avant d'ajouter: «J'ai toujours regardé l'histoire de notre pays en face.»

Anticipant les critiques, le locataire de l'Élysée a assuré qu'il n'occultait «aucune page de l'histoire». Mais la polémique est bien là. Sur les réseaux sociaux, journalistes, élus et internautes ont critiqué le choix d'Emmanuel Macron.

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon s'est saisi de son clavier pour s'en prendre avec virulence au Président de la République. «Macron, cette fois-ci, c'est trop! L'histoire de France n'est pas votre jouet», a-t-il notamment écrit.

​Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris chargé du logement et membre du Parti communiste français a qualifié la décision d'Emmanuel Macron d'«impensable». Elsa Faucillon, sa camarade députée des Hauts-de-Seine, a quant à elle affirmé que Pétain «restera avant tout le "grand soldat" de l'extermination nazie en France».

​Catherine Gasté, journaliste du Parisien, a partagé un article de La voix du Nord illustré par une photographie montrant Philippe Pétain serrant la main d'Adolf Hitler. Un cliché qui, selon elle, «résume assez bien la situation».

​Antoine Léaumant, spécialiste en communication proche de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a qualifié Emmanuel Macron de Président qui «fait honte à la République».

​Le leader des Patriotes, Florian Philippot, a parlé «d'impossibilité morale et historique» et de «faute majeure».

​De nombreux internautes ont fustigé cette décision en usant d'indignation, d'autres préférant la dérision:

Le Président de la République a tout de même pu récolter quelques soutiens. Le journaliste sportif Frédéric Hermel a notamment pris sa défense. S'il a rappelé qu'il n'était «pas fan» de Macron, il a également écrit sur Twitter: «L'histoire est ce qu'elle est.»

Philippe Pétain sera célébré aux Invalides le 11 novembre en compagnie des sept autres maréchaux de la Grande guerre. La cérémonie verra la participation de plusieurs hauts gradés français, comme le chef d'état-major particulier du Président, l'amiral Bernard Rogel.

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maréchal, collaboration, soldats, victoire, président, Juifs, histoire, 100ème anniversaire de l'armistice, Journée de Armistice, Première Guerre mondiale, Philippe Pétain, Ian Brossat, Adolf Hitler, Florian Philippot, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Paris, France
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